Canicule en Méditerranée : faut-il ouvrir plus tôt les postes de secours sur les plages ?
Faut-il ouvrir plus tôt les postes de secours sur les plages ?

La fréquentation des plages s’est accélérée avec les fortes chaleurs alors que des alertes sur les noyades ont déjà mobilisé les secouristes. Le point sur les ouvertures des postes de secours gérés par les CRS, les pompiers ou la SNSM.

Une fréquentation précoce due à la canicule

Les fortes chaleurs de ces derniers jours ont mécaniquement attiré la foule de baigneurs sur le littoral d’Occitanie. Avec des alertes à la noyade, une retraitée décédée jeudi à La Grande-Motte sur la plage après un malaise, et plusieurs morts à déplorer en Catalogne espagnole et sur la façade atlantique. Rappelons que l’Occitanie s’est tristement classée troisième région où l’on s’est le plus noyé l’an dernier : 194 noyades alors que l’Hérault est le quatrième département le plus accidentogène (72).

La question des dates d’ouverture

À l’aune de ces épisodes de canicule, de plus en plus précoces, se pose la question de revoir les dates d’ouverture des postes de secours. Sur les 130 kilomètres de côte, du Grau-du-Roi (Gard) à Banyuls (Pyrénées-Orientales), trois entités se partagent le littoral : la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer), les pompiers et les CRS nageurs sauveteurs. Ces derniers ne seront en poste qu’à partir du 1er juillet et jusqu’au 31 août à La Grande-Motte, Valras et Port-la-Nouvelle. Avant, ils sont dans leurs unités respectives, occupés, notamment, au maintien de l’ordre.

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"Le ministère de l’Intérieur est réticent à lâcher des fonctionnaires mais on fait aussi énormément de travail de police sur les plages. Évidemment, il faudrait des fonctionnaires de début juin à fin septembre", estime Patrice Martin, référent national du syndicat UN1TE CRS-NS. Qui se réjouit cependant d’une remontée en puissance du nombre de policiers cet été (264 contre 225 en 2025), espérant regagner des communes perdues.

Le nerf de la guerre est financier

"Il faut que la saison soit augmentée du 15 juin au 15 septembre, mais le nerf de la guerre c’est le manque d’effectif de la police et oui c’est ambitieux et ça a un coût", poursuit Patrice Martin. "Jusqu’en 2007, les postes étaient ouverts juin, juillet, août et jusqu’à fin septembre, on commence de plus en plus tard et on ferme de plus en plus tôt", constate Alexandre Rola, secrétaire de centre de formation et d’intervention de la SNSM-Hérault.

Des ouvertures déjà effectives pour certains

Ces secouristes en mer, présents sur neuf villes d’Occitanie, ont pour certains déjà commencé. Comme à Canet-en-Roussillon ou Palavas depuis l’Ascension, les week-ends et jours fériés, comme Carnon ou Villeneuve-lès-Maguelone ou le Grau-du-Roi depuis ce samedi. Pour le maire de Canet-en-Roussillon, Stéphane Loda, le calendrier d’ouverture des postes de secours correspond à la fréquentation habituelle des plages. "On a toujours un poste ouvert les week-ends et jours fériés dès le début du mois de mai. À partir du mois de juin, on passe à une surveillance permanente", explique l’élu.

Les pompiers et la difficulté de recrutement

Enfin, chez les pompiers, présents sur le reste des plages, le lieutenant-colonel Jérôme Bonnafoux du Sdis 34 rappelle la doctrine : "une plage doit être surveillée lorsqu’elle est anormalement fréquentée." Au gré des partenariats avec les communes, les postes ont ouvert pour certains dès le week-end de la Pentecôte. Mais la question du bon timing est serrée. Car ce sont des sapeurs-pompiers volontaires qui officient : "ce sont des saisonniers dont la plupart sont étudiants en Staps. Ils passent la formation surveillance des plages à Pâques, après le BNSSA, le brevet national de sécurité et de sauvetage, ils doivent avoir leur permis bateau et ensuite ils sont recrutés", détaille le pompier. "Commencer avant, c’est donc difficile."

Du côté du Service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées-Orientales, le lieutenant Gonzalez, en charge du dispositif de surveillance de baignade et des activités nautiques, rappelle aussi cette évidence souvent oubliée : "la Méditerranée n’est pas une piscine. Elle est imprévisible. C’est la deuxième mer la plus dangereuse du monde. On se méfie de l’océan Atlantique, mais rarement de la Méditerranée."

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