Pompéi : la villa de Poppée révèle de nouveaux trésors archéologiques au public
La villa de Poppée à Pompéi ouvre ses fouilles au public

La villa de Poppée dévoile ses secrets archéologiques au public

Les visiteurs peuvent désormais pénétrer au cœur des dernières fouilles de la villa de Poppée, la seconde épouse de l'empereur romain Néron, située près de Pompéi. Chaque jeudi matin, des groupes restreints de dix personnes maximum assistent en direct au travail minutieux des archéologues et des restaurateurs, qui grattent délicatement les couches de cendres pour révéler des fresques aux couleurs éclatantes, notamment un rouge vif particulièrement bien conservé.

Une immersion dans le chantier archéologique

Sous les échafaudages et au-delà des espaces déjà aménagés, un étroit passage conduit les visiteurs directement sur le chantier où s'activent pioches, grattoirs et brouettes. « Chaque fouille est une surprise. Nous nous attendions certes à trouver une partie des fresques que l'on pouvait voir sur l'autre mur, mais les surprises ont été bien plus nombreuses », explique Arianna Spinosa, l'architecte qui dirige les opérations. Elle souligne l'importance de « commencer à rouvrir la villa et de montrer à tout le monde ce qui est en train de se passer, ce qu'on ne voit pas de l'extérieur et qui est merveilleux ».

Une villa luxueuse face à la mer

La luxueuse villa d'Oplontis, du nom de l'antique faubourg de Pompéi où elle se trouvait avant d'être ensevelie par l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C., servait de résidence d'agrément à Poppée. Au moment de la catastrophe, la villa, qui donnait alors sur la mer, était en cours de restauration. Les dernières découvertes ont eu lieu dans sa partie la plus ancienne, datant du milieu du Ier siècle av. J.-C.

Parmi les trésors récemment mis au jour, une frise décorative d'un jaune vif révèle les pattes d'un gracieux volatile dont seule la tête manque. Cette paonne, désormais exposée à l'air libre, fait face dans le salon principal à un paon découvert lors de fouilles antérieures, à côté d'un masque de théâtre. « C'est l'un des espaces les plus représentatifs et iconiques de cette villa », selon Arianna Spinosa.

Symbolisme et couleurs préservées

Le paon, animal sacré de la déesse Junon, « est l'un des motifs qui revient très souvent dans la décoration de la villa », précise Giuseppe Scarpati, archéologue en chef du site. « Ici, les paons sont perchés sur une balustrade, devant l'entrée d'un sanctuaire identifié comme un sanctuaire d'Apollon ». Au-delà des sujets d'une incroyable finesse – oiseaux, poissons, fruits – qui émergent sur les panneaux, c'est l'éclat de leurs couleurs, conservées pour certaines dans leur état d'origine, qui impressionne.

« Ce panneau rouge, vif, porte des pigments originaux, non traités, donc conservés dans leur authenticité », poursuit Arianna Spinosa. « Avoir enfin devant nous des surfaces vierges nous permet d'élargir considérablement nos connaissances ». Elena Gravina, la restauratrice en chef, ajoute : « La villa de Poppée compte parmi les villas suburbaines et maritimes qui se sont toujours distinguées par une qualité exceptionnelle, tant dans la conception que dans la peinture ».

Des pigments précieux témoins de richesse

Les analyses ont identifié l'utilisation de pigments coûteux et rares, tels que le cinabre (rouge) et le bleu égyptien. « Ce sont des pigments qui, à l'époque, étaient très coûteux et difficiles à se procurer, et qui témoignent des relations commerciales, de la richesse des commanditaires, ainsi que de l'habileté et du savoir-faire des artisans », note Elena Gravina.

Michele Iovine, 52 ans, un habitué du site, a pu échanger avec les restaurateurs lors de sa visite. « J'ai vu ce cubicule à de nombreuses reprises avant l'intervention de restauration, puis il a été fermé. Maintenant, il est certainement plus lisible, il a retrouvé ses couleurs d'origine, il est mis en valeur au maximum », estime-t-il.

Des fouilles qui promettent encore des surprises

Alors que seulement 50 à 60 % de l'étendue globale de la villa ont probablement été fouillés à ce jour, les recherches sont loin d'être terminées. « Nous n'en connaissons pas les limites ni au Nord, ni à l'Est, ni à l'Ouest. Potentiellement, la villa pourrait donc nous réserver encore de nombreuses surprises », conclut Giuseppe Scarpati, laissant entrevoir la possibilité de découvertes futures tout aussi spectaculaires.