Château de Caussade : visites exceptionnelles avant restauration
Château de Caussade : visites avant restauration

François Dumy invite le public à découvrir le château de Caussade, qu'il a acquis en janvier. Avant d'entreprendre la restauration du site, le nouveau maître des lieux organise des visites, du 29 avril au 3 mai, pour partager son incroyable histoire et sa poésie contagieuse.

Cerné par la végétation, ce château niche dans un écrin de verdure qui fait le bonheur des randonneurs, sur la boucle de Caussade. Sa bâtisse, entourée d'une enceinte polygonale, au milieu de la forêt de Lanmary, fait rêver depuis belle lurette les randonneurs et les ramasseurs de champignons qui empruntent la boucle de Caussade, à Trélissac, aux portes de Périgueux en Dordogne. Bienvenue au château de Caussade, anagramme de Casa Deus (maison Dieu). Tout un programme...

Un nouveau propriétaire passionné

François Dumy, propriétaire du château de Caussade, veut partager l'histoire folle de ce château défensif, niché dans la forêt domaniale de Lanmary. Ce lieu, privé depuis les années 1960, vient de changer de propriétaire. François Dumy, installé en Périgord depuis près de trente ans, en a fait l'acquisition le 29 janvier dernier. Et la bonne nouvelle, pour les amateurs de patrimoine, c'est que le nouveau maître des lieux, jeune retraité originaire du Limousin, a l'intention de l'ouvrir au public. Il s'offre et offre « cinq jours de test », à l'occasion de Châteaux en fête, à partir du mercredi 29 avril (plusieurs créneaux à jauge limitée), en respectant scrupuleusement la sécurité du public.

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Ici vibre « un joyau à exalter », classé au titre des Monuments historiques, coup de cœur absolu pour François Dumy. « J'en suis tombé amoureux avant même de l'avoir visité », confesse son propriétaire, qui se veut « passeur d'histoire ». Passeur d'histoire, comme le fut en son temps un certain Bertran de Born, seigneur et poète de langue d'oc, vicomte de Hautefort dans le diocèse de Périgueux. C'est dans ce château que le troubadour, immortalisé dans « La Divine Comédie » de Dante, épousa Himberge, fille des Vigier, restés seigneurs de Caussade jusqu'au XIVe siècle. « J'espère un jour accueillir des spectacles. J'aimerais commencer par les noces de Bertran de Born, dans le pré, face à l'enceinte, un fond de scène magique », s'enthousiasme le propriétaire, plein de projets.

Un château défensif chargé d'histoire

Étrangement, ce site aujourd'hui paisible, cerné par la végétation, fut un château défensif, « exemple assez rare de l'architecture militaire du XVe siècle en Périgord ». La construction de la forteresse, flanquée de quatre tours carrées et entourée de douves sèches, remonte au XIIe siècle. Et la première trace d'une fortification date de l'an 1000. « La forêt qui l'entoure a moins de 100 ans. À l'époque de la construction, il faut imaginer qu'on voyait clair jusqu'à Bassillac. Ne pas oublier que tout ce qui a une forme est appelé à disparaître », poétise François Dumy.

Le château dispose de plusieurs vitraux en excellent état, dont l'un restauré par M. Dagand. Il reste que, malgré la Guerre de 100 ans et celles de religion, ce château convoité a tenu bon. Après avoir été un temps propriété de l'État, il a été racheté et restauré successivement par plusieurs familles, dont les Dagand (1960-1973), spécialisés dans la maçonnerie, la taille de pierres et la couverture de monuments historiques ; un Américain, puis les Céron qui en ont fait leur résidence.

Des dégâts à réparer

Un lieu qui mérite en tout cas conservation. La tempête de 1999 et des inondations, cinq ans plus tôt, ont détérioré l'édifice. Douze mètres de courtine se sont effondrés, laissant un trou béant dans l'enceinte, avec vue sur un cèdre centenaire imposant. Une partie de la courtine (rempart) s'est effondrée en 1994 à la suite d'inondations.

L'objectif du nouveau propriétaire est d'en faire un lieu ouvert à la visite, pas de locations touristiques. « Je vais faire ce qu'il faut pour le mettre hors d'eau et hors d'air, à mes frais, en commençant par les toitures des petites tours et du logis. Toutes les tuiles doivent être refaites », précise François Dumy qui espère ensuite enclencher « un système de dons vertueux avec le public, comme ce fut le cas pour le sauvetage de Notre-Dame ». Et pouvoir entreprendre en 2027 la réfection de la courtine.

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Des visites sur réservation

Du mercredi 29 avril au dimanche 3 mai, François Dumy animera des visites en continu, de 10 à 18 heures, à raison d'une heure par visite. La visite des lieux comprend une balade devant le château et son enceinte de près de 12 faces (« un continuum extrêmement rare »), mais aussi la découverte de ses intérieurs – près de 450 m², une dizaine de pièces. Sans dévoiler les surprises de l'hôte, on peut faire état de salles aux dimensions généreuses, aux huisseries et vitraux restaurés avec talent. Avec une fresque d'un autre temps, un sol en pisé et une coursive haut perchée, le château a de quoi nourrir l'imaginaire. « Un lieu de paix », revendique son propriétaire, inspiré par sa capacité « troubadourienne », qui lui rappelle, aime-t-il à dire, celle de Bob Dylan ou Leonard Cohen, « troubadours de notre époque ».

Jauge limitée à 19 personnes pour des raisons de sécurité. Il est impératif de réserver auprès de l'office de tourisme du Grand Périgueux sur tourisme-grandperigueux.fr. Tarifs : 10 euros ; 8 euros les moins de 25 ans et les groupes de 10 personnes et plus ; gratuit pour les enfants de moins de 7 ans. Le stationnement dans la forêt est interdit. Parking public route de la Croix-du-Rat, à Antonne, à 700 mètres par chemin forestier. Visite non accessible aux personnes en fauteuil et en poussettes. Renseignements au 05 53 53 10 63.