Une initiative écoresponsable autour de l'étang de Thau
À Villeveyrac, près de l'étang de Thau, une ancienne responsable qualité sécurité environnement (QSE) a lancé en mars 2025 l'entreprise Asostra. Celle-ci transforme les coquilles d'huîtres en objets décoratifs et éléments design. Après séchage et broyage, la poudre obtenue est mélangée à un liant écoresponsable pour créer coupelles, plateaux ou pots. Un procédé artisanal et écologique qui valorise un déchet local.
Réutiliser les coquilles d'huîtres autour de l'étang de Thau n'est pas nouveau : on les utilise pour des chemins, des sols perméables ou comme amendement pour les plantes. Mais Stéphanie, basée à Villeveyrac dans le Nord du Bassin de Thau, en fait depuis mars 2025 des objets et éléments de décoration. Un processus unique et insolite sur le territoire, et peut-être plus largement.
Un projet autour de la valorisation d'un produit
« Depuis deux, trois ans, je cherchais un projet autour de la valorisation d'un produit, surtout un déchet », explique la quadragénaire, ancienne responsable QSE. Après avoir exploré plusieurs pistes « non satisfaisantes », elle s'est consacrée à partir de septembre 2024 à travailler sur les huîtres et les moules. « J'ai fait beaucoup de recherches et pas mal de tests », glisse-t-elle en souriant dans son atelier attenant à sa villa.
En mars dernier, elle a créé Asostra – « j'ai utilisé mon nom de famille Aspa, mon prénom et ostra qui veut dire huître en latin » – entreprise spécialisée dans la création d'objets et d'éléments de décoration à base de coquilles d'huîtres réduites en poudre. Un processus totalement vertueux.
Un processus 100 % naturel
Elle récupère sa matière première auprès de divers partenaires sur les rives de l'étang de Thau. Les coquilles sont regroupées dans de vieux pochons destinés à la benne – « que j'ai rafistolés » – et laissées sécher à l'air libre dans son champ situé non loin de chez elle. « Toute une colonie d'insectes, qui viennent se nourrir sur les coquilles, s'est créée autour. Cela a redonné vie au terrain », se réjouit Stéphanie, qui a passé plus de 750 kg d'huîtres depuis le début de son aventure.
Une fois les coquilles rigoureusement sèches, elle nettoie chaque huître à la main, puis les passe au broyeur. Il en sort, selon ses besoins, une poudre fine ou plus grossière. Elle la mélange avec un « liant écoresponsable, un objet cassé peut donc être réutilisé ». Puis elle dispose cette pâte dans des moules (du commerce ou créés par elle), laisse sécher, et enfin polit le tout à la main.
Soixante pièces par cycle de production
« À chaque cycle de production, je fais soixante pièces. Et en moyenne, je fais trois cycles par semaine », dit-elle. Pots à bougie, différents plateaux (« que je conseille plutôt pour la nourriture sèche »), coupelles, objets décoratifs sont déjà sortis de ses mains et de son esprit continuellement branché sur le mode créatif. Elle travaille actuellement sur la création d'une crédence et fait parallèlement des essais pour du carrelage.
« Le but, c'est d'aller plus haut, annonce sans ambages Stéphanie. Grâce à ma formation de QSE, j'ai une vision stratégique de ce que je veux faire. » Elle souhaite intéresser des architectes d'intérieur ou participer à de grands salons. « Le but, c'est de faire partie de Maison & Objet 2026. » Et de montrer ainsi qu'outre sa valeur gustative, l'huître de l'étang de Thau est également un produit noble, grâce à une belle poudre.



