À Bonneval (Eure-et-Loir), l’église Notre-Dame, joyau du XIIIe siècle, va bénéficier d’une vaste restauration. Le conseil municipal a validé le lancement des travaux, estimés à 2,6 millions d’euros, qui s’étaleront sur huit ans.
Un projet urgent pour un édifice historique
Le clocher sonne toujours et les mariages se célèbrent encore, mais derrière la solidité apparente, l’urgence est là. « Les couvertures sont fatiguées, il y a quelques fuites ponctuelles », alerte le maire Éric Jubert. Pour préserver ce joyau qui fait le caractère de la « petite Venise de la Beauce », la municipalité ne peut plus attendre.
Lancé il y a six ans, avant la crise du Covid, le projet a connu des vents contraires : changement d’architecte et situation financière tendue. Cette fois, c’est lancé. La première tranche débutera en septembre 2026.
Un appel à la générosité publique
L’enveloppe totale est de 2,6 millions d’euros. « C’est le chantier du mandat, ou presque », confesse l’édile. Une somme colossale pour cette commune de près de 5 000 habitants, qui doit composer avec une conjoncture économique serrée. « Bonneval est riche en patrimoine ancien, nous rénovons tout depuis quatre ou cinq ans, mais là, c’est le gros morceau. »
Le marché public précise le périmètre de la première phase : le bas-côté Sud de l’église. Pendant 16 mois, les ouvriers restaureront les charpentes, les couvertures, la maçonnerie en pierre de taille et les vitraux. Pour permettre la continuité des offices et des visites, des structures de protection temporaires seront déployées au-dessus de l’édifice, garantissant le maintien du site « hors d’eau ».
Pour boucler le budget, la mairie s’appuie sur un millefeuille de subventions (Drac, État, Département). La première tranche, chiffrée à environ 800 000 euros, bénéficiera de ces soutiens publics. Mais la ville compte aussi sur les dons via le mécénat. « On fait un appel aux dons, les gens apportent leur petite obole », explique Éric Jubert.
Un coût qui suscite des débats
Si la plupart des habitants saluent la sauvegarde du patrimoine, le coût des travaux fait parfois grincer des dents. « Certains estiment que c’est beaucoup d’argent pour un lieu de culte », reconnaît le maire.
Sur le plan économique, la municipalité a privilégié la proximité : sur les cinq entreprises désignées pour cette première phase, trois sont issues d’Eure-et-Loir et deux des départements limitrophes. Une manière de faire ruisseler l’investissement public sur le tissu local.
Il faudra être patient pour voir l’édifice totalement libéré de ses échafaudages. Avec un découpage en trois tranches, la fin des travaux est espérée d’ici 7 ou 8 ans, soit à l’horizon 2033-2034.



