Abbadia : 2625 clichés pour l'inventaire photographique du château
Abbadia : 2625 clichés pour l'inventaire du château

Le château observatoire Abbadia, propriété de l'Académie des sciences, a été construit dans la deuxième partie du XIXe siècle à la demande d'Antoine d'Abbadie, chercheur scientifique et correspondant de l'Académie des sciences, connu pour ses travaux en Éthiopie. Il a fait appel à Viollet-le-Duc en 1864 pour la construction de sa demeure, et à son collaborateur Edmond Duthoit. Le château est classé aux monuments historiques depuis 1984.

Un inventaire systématique des collections

Un inventaire systématique des collections du château a été mené en plusieurs étapes au fil des années. En premier, tout le mobilier d'expérimentation scientifique, ensuite tous les dessins, plans et aquarelles témoins de la construction du château conservés sur place, et enfin le mobilier conçu par Edmond Duthoit. « Le dernier inventaire s'est déroulé en 2004, puis un recollement contradictoire a été fait en 2023. Nous achevons en ce début mai un inventaire complémentaire des objets mobiliers d'Abbadia », indique Frédéric Soulu, chargé de mission pour l'Académie des sciences.

Il présente Jean-Pierre Rousset, photographe spécialisé dans le patrimoine, qui a été missionné au mois de mars par l'Académie des sciences à la suite d'un appel d'offres. « Je ne connaissais guère la demeure d'Antoine d'Abbadie avant de me pencher sur cet inventaire. Pourtant j'habite Hendaye… », avoue l'auteur photographe franco-américain qui se consacre à l'inventaire photographique des monuments et sites des chemins de Saint-Jacques depuis 1995.

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Il n'avait qu'un pas à franchir jusqu'au château Abbadia où il a retrouvé sur les murs de nombreux symboles jacquaires. La découverte intime des lieux, en compagnie de Frédéric Soulu, a été un ravissement quotidien, « même si la réalisation des clichés a quelquefois été acrobatique, comme dans le vestibule où un échafaudage avait été dressé pour photographier les boucliers africains ».

2 625 images pour 300 objets

« Lors de l'inventaire de 2004, nous n'avions pas prêté attention à certains objets éthiopiens. Grâce à la thèse de Viviane Delpech, nous avons pu poser un nouveau regard. Nous avons aussi été aidés par Aude Claret, conservatrice des monuments historiques à la Direction régionale des affaires culturelles, et Mano Curutcharry de l'Institut culturel basque. Cet inventaire a une valeur artistique, anthropologique, historique et scientifique remarquable, et nous avons pu rajouter 250 objets par rapport à celui de 2004 », se réjouit Frédéric Soulu.

Jean-Pierre Rousset abonde : « J'ai réalisé 2 625 images jusqu'à présent, dont environ 600 seront sélectionnées pour environ 300 items. » Il a posé son objectif dans chaque pièce du château, y compris la chapelle. Il s'est attardé dans le salon d'honneur et dans la bibliothèque, symbole de l'esprit éclectique d'Antoine d'Abbadie qui, lorsqu'il légua son château à l'Académie des sciences en 1896, abritait plus de 10 000 volumes.

Le photographe s'extasie encore de son séjour à Abbadia et de sa plongée dans un univers si riche. « J'ai utilisé une très haute résolution et un appareil doté de 33 mégapixels. » Frédéric Soulu précise que cet inventaire précieux permettra aussi de réparer certains objets en souffrance. La cheminée constitue l'ornement principal du salon d'honneur. Jean-Pierre Rousset a photographié des objets découverts à Aragorri, et a scruté 14 tableaux du chemin de croix de la chapelle.

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