The Boroughs : la série Netflix avec des héros de 70 ans cartonne
The Boroughs : des héros de 70 ans cartonnent sur Netflix

C’est la série qui cartonne actuellement sur Netflix. Sur la plus haute marche des visionnages le week-end du 31 mai (et numéro un en France), The Boroughs avait déjà enregistré ce 1er juin plus de 5,6 millions de streams et plus de 35 millions d’heures de visionnage à l’international ! Mais pourquoi les spectateurs sont-ils attirés comme des papillons par la lumière par cette série dont les héros ont presque tous 70 ans et plus ? C’est le monde à l’envers… Tentative d’explication : en convoquant tempes grises, drame et science-fiction, les huit épisodes de The Boroughs ont aussi un point commun avec une autre série à succès… Stranger Things. 20 Minutes a mené l’enquête.

Le meilleur reste à vivre

Ça commence plutôt mal aux Boroughs. En plein désert du Nouveau-Mexique, le petit village accueille Sam Cooper, son nouveau pensionnaire. Veuf depuis peu, l’inconsolable septuagénaire que sont venus déposer sa fille et son gendre ne goûte guère l’idée de finir ses jours dans cette communauté pour seniors. « J’ai mis toutes mes économies dans ce tombeau », rouspète l’ancien ingénieur, qui n’est jamais à une bougonnerie près. Pourtant, la gentille hôtesse qui l’accueille le clame haut et fort : « C’est là où le meilleur reste à vivre ». Peut-être. À condition de ne pas clamser dès le premier épisode, avalé par une mystérieuse créature qui a décidé de faire de vous son dîner…

Des héros âgés de 70 ans et plus

Bienvenue, donc, au cœur de The Boroughs ! La nouvelle série Netflix qui cartonne depuis son arrivée sur la plateforme de streaming joue sur un casting qui a de la bouteille. Alfred Molina (73 ans), Bill Pullman (73 ans), Geena Davis (70 ans), Alfre Woodard (73 ans), Clarke Peters (73 ans) ou encore Denis O’Hoare (64 ans) : la moyenne d’âge des comédiens bat ici en brèche l’idée selon laquelle le jeunisme ferait foi à Hollywood. Dans un épisode d’ailleurs, une scène amusante qui regroupe les protagonistes lors d’une soirée au coin du feu permet à chacun d’évoquer ses cicatrices « de combat » : ici une fausse hanche, là une opération à cœur ouvert, là, hélas, un cancer en phase terminale…

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Devant l’écran, le spectateur ne peut que fondre face à ces anciens au cuir bien tanné. Mais si, comme dans d’autres séries au casting poivre et sel, The Boroughs suscite de l’empathie, ses huit épisodes prennent un bon coup de jeune dès lors que nos héros décident de traquer Scar. Scar ? Le monstre qui, à la nuit tombée, vide certaines villas du paisible village de retraités de ses résidents. Et c’est là que Matt et Ross Duffer interviennent.

Des retraités et des monstres

« Pendant des années, nous nous sommes demandé pourquoi personne n’avait réalisé un film comme le merveilleux Cocoon de Ron Howard depuis… eh bien, Cocoon » expliquent Matt et Ross Duffer dans le journal Variety. Sorti en 1985, Cocoon suit un groupe de retraités qui, au contact de cocons d’origine extraterrestre, retrouvent énergie, santé et jeunesse… « Puis, sortis de nulle part, Jeff Addiss et Will Matthews nous ont envoyé par e-mail une idée pour The Boroughs : une histoire de retraités et de monstres […] c’était exactement la série dont nous rêvions », complètent les frangins Duffer. Derrière la motivation, l’intention et la production à travers leur société Upside Down Pictures (créée avec Netflix en 2022), on ignore quelle aura été l’apport des créateurs de Stranger Things sur le récit de The Boroughs. Au moins auront-ils débarqué au cœur du Nouveau-Mexique avec un monstre au petit air connu en poche. Car Scar n’est évidemment pas sans point commun avec le Demogorgon, la créature maudite de Stranger Things !

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Troquant les années 1980 et les BMX de la série des Duffer brothers pour notre époque et des voiturettes de golf, Jeff Addiss et Will Matthews voulaient quant à eux une série qui « soit à parts égales effrayante, mystérieuse, excitante et émouvante ». À défaut d’être totalement enivrante, la potion servie par The Boroughs est plutôt euphorisante. Et l’on éprouve un plaisir parfois coupable face à ces anciens se débattant maladroitement face à leur bébête baveuse. Mais aussi face au jeune directeur du village qui, lui, connaît la vérité…

L’équilibre désiré

L’équilibre désiré est en tout cas respecté, avec une vraie « séricamenteuse », qui fait du bien ! Une série attachante qui traite du vieillissement, de l’amitié, de la mort et de l’espoir. Une série pleine d’humour, de répliques savoureuses, de clins d’œil (celui au film Thelma et Louise dans lequel jouait Geena Davis est pour le moins très explicite), et de scènes fantastiques. Les deux showrunners en connaissaient d’ailleurs un bon rayon côté SF, ayant déjà signé en 2019 The Dark Crystal : Le temps de la résistance, pour Netflix.

Signe de temps : les séries ou films dont les héros ont un certain âge (voire un page certain) se multiplient sur Netflix. Outre The Boroughs, la saison 2 des Quatre saisons avec ses quinquagénaires désabusés vient d’entamer sa diffusion. On pense aussi aux nouveaux films Je m’appelle Agneta ou De si remarquables créatures streamés depuis peu par la plateforme. Sans oublier la série Le murder club du jeudi avec l’ex James Bond Pierce Brosnan, cheveux blanc au vent, au générique. De leur côté, les créateurs de The Boroughs ont fait leurs comptes : leur casting cumule l’équivalent de 350 ans de carrière…