La foule continue de grossir mais la free party géante commencée vendredi sur un champ de tir militaire près de Bourges se poursuit sans incident majeur, selon la préfecture qui renouvelle les appels à la prudence. Les autorités comptaient 20 000 participants samedi matin, mais d'autres sont arrivés en vue de la soirée, point d'orgue de ce Teknival 2026 pour de nombreux teufeurs qui entendent s'amuser tout en protestant contre le durcissement de la législation contre ces rassemblements techno illégaux.
Une ambiance festive et pacifique
La fête bat son plein depuis vendredi, avec des teufeurs aux tenues bariolées ou torse nu qui vibrent face aux murs de son. Derrière eux, les tentes, fourgons et autres véhicules s'étendent à perte de vue sur l'immense terrain herbeux. À Cornusse, petit village à moins de 2 km, les nuisances sonores sont réduites grâce à un vent favorable. La maire, Édith Raquin, explique que cette foule imprévue pose surtout des problèmes logistiques, comme la collecte des déchets. « Il y a eu pas mal d'échanges avec des personnes âgées, pour qui le festival passe un peu au-dessus de la tête, mais elles étaient ravies de converser avec ces jeunes », assure-t-elle. Paulette, retraitée de 64 ans, confirme : « C'est cool ! Pour une fois qu'il y a de l'animation, profitons-en ! »
Dispositif de sécurité et blessés
Selon la préfecture du Cher, les services de secours ont pris en charge 12 blessés légers samedi matin. Le préfet Philippe Le Moing Surzur a également mentionné une personne heurtée par un véhicule. Quarante-cinq pompiers et 30 secouristes de la protection civile restent postés près du Teknival, et le dispositif « est capable de monter en puissance », a-t-il assuré. « On doit pouvoir faire face au pire, et le pire pour nous, ce serait l'explosion d'une munition de la Deuxième Guerre mondiale », dont certaines sont encore enfouies dans les zones boisées bordant la free party, installée sur un vaste champ de tir militaire.
Risques liés aux munitions
Sur les réseaux sociaux, les organisateurs diffusent des pictogrammes appelant à ne pas faire de feu, ne pas creuser et ne pas ramasser d'objets. Mais plusieurs blessés se sont coupés en manipulant des éclats d'obus très tranchants, a dit le préfet. Au total, 600 gendarmes sont déployés sur 14 points de contrôle en périphérie de la zone. Les forces de l'ordre ont « déjà procédé à 32 verbalisations, en majorité pour détention de stupéfiants, à 26 infractions au Code de la route et 4 gardes à vue », selon la préfecture. Les forces de l'ordre ne sont pas présentes sur le site même, selon des participants interrogés par l'AFP, pour qui « ça se passe très, très bien ». Un jeune homme de 22 ans sous couvert d'anonymat déclare : « J'avais entendu qu'il allait y avoir beaucoup de monde mais une fois sur place, ça fait un choc de voir autant de gens réunis. » Son amie de 19 ans ajoute que cette présence massive, avec de nombreux teufeurs étrangers, « c'est un gros message contre la répression ».



