Jeff Buckley, une légende immortelle du rock, fascine encore près de trente ans après sa disparition
Jeff Buckley, légende immortelle du rock, fascine toujours

Jeff Buckley, une légende immortelle du rock, fascine encore près de trente ans après sa disparition

Emporté le 29 mai 1997 en se noyant dans un affluent du Mississippi à l'âge de 30 ans, Jeff Buckley a laissé une empreinte indélébile sur la musique avec un seul album sorti de son vivant. Près de trois décennies plus tard, sa légende ne s'est pas éteinte, bien au contraire.

Une étoile filante au destin tragique

Le rockeur à la gueule d'ange, décrit comme "authentique, brut et vulnérable", vivait sa vie aussi intensément que sa musique, "sans filtre" et "sans limites", selon la réalisatrice américaine Amy Berg. Son documentaire sur le chanteur culte, "It's never over, Jeff Buckley", sort au cinéma en France ce mercredi 11 février, après sa présentation aux États-Unis en 2025.

Amy Berg, qui a déjà exploré le destin tragique de Janis Joplin, a consacré dix ans à ce projet : "Il m'a fallu dix ans pour obtenir les droits sur les archives", explique-t-elle. La mère de Jeff Buckley, Mary Guibert, présente tout au long du film, a finalement accepté de partager des moments intimes, comme de longs messages de son fils conservés sur cassette.

L'héritage musical de "Grace"

L'album "Grace" (1994) reste un monument intemporel du rock, encensé par des pairs aussi prestigieux que David Bowie ou Radiohead. Avec une voix bouleversante posée sur des ballades épurées ou un rock transcendant, "il a fait quelque chose que personne ne faisait" dans les années 1990, marquées par le grunge et ses distorsions bruyantes.

L'héritage de Buckley connaît même un regain de popularité inattendu :

  • Sa célèbre reprise d'"Hallelujah" de Leonard Cohen reste un classique
  • La chanson "Lover, you should've come over", extraite de "Grace", a récemment pris d'assaut TikTok et les plateformes d'écoute
  • Trois décennies après sa sortie, elle s'est hissée dans le classement américain Billboard Hot 100

Un artiste aux influences éclectiques

Né en Californie, Jeff Buckley n'a quasiment jamais connu son père, Tim Buckley, chanteur génial des années 1960 mort d'une overdose à 28 ans. C'est en rendant hommage à ce père absent lors d'un concert à Brooklyn en 1991 que Jeff est repéré pour la première fois.

Le documentaire révèle un artiste aux influences impressionnantes :

  1. De la musique classique à Led Zeppelin
  2. De Nina Simone au maître du qawwali pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan
  3. Il "absorbait le monde comme une éponge", selon Amy Berg

Au "Sin-é", un minuscule café de New York, le chanteur s'émancipe de la figure paternelle et développe son style unique. Même en France, il faisait valser le public avec sa reprise d'Édith Piaf, "Je n'en connais pas la fin", lors de concerts au Bataclan et à l'Olympia.

Une mort accidentelle et un héritage pérenne

Malgré le succès, Jeff Buckley vivait mal la pression pour enregistrer un deuxième album. Une tournée épuisante et les attentes pesaient sur ses épaules. Pourtant, sa mort reste un pur accident selon Amy Berg : l'autopsie n'a révélé aucune surdose d'alcool ou de drogue.

"C'est une légende qui ne meurt pas", assure la réalisatrice. À travers les témoignages d'anciennes petites amies, de musiciens et de producteurs toujours marqués par sa disparition, le film dresse le portrait d'un être exceptionnel dont l'influence continue de grandir, prouvant que certaines étoiles, même filantes, brillent éternellement.