La ville de Sète en deuil après la disparition de Jean-Louis Zardoni
La cité portuaire de l'Hérault vient de perdre l'une de ses figures les plus emblématiques. Jean-Louis Zardoni, cet homme à la gouaille bien sétoise, joueur de tambour pour les joutes et chanteur à ses heures, est décédé ce mardi 10 février à l'âge de 82 ans. Sa disparition survient peu après celle d'une autre personnalité locale, Pierre Mandagot, frappant doublement la communauté.
Un pilier du monde des joutes sétoises
Jean-Louis Zardoni était une personne absolument incontournable dans l'univers des joutes, cette tradition ancestrale si chère à Sète. Homme fluet à la voix rocailleuse et à l'accent local bien marqué, il a passé des décennies à jouer du tambour sur les barques lors des tournois de ligue et pour la célèbre Saint-Louis. Son instrument, surnommé "Zardo", lui a même sauvé la vie un jour où il avait glissé entre le quai et une barge de joutes, le tambour plus large que lui l'empêchant d'être écrasé.
Les privilégiés se souviennent avec émotion de ses passes d'armes humoristiques avec Christian Imparato, le regretté speaker du tournoi phare de la saison, lors des petits-déjeuners du lundi chez André Lubrano à la Pointe courte. Ces moments de complicité et de rire restent gravés dans la mémoire collective.
Artiste et chanteur à la plume talentueuse
Au-delà des joutes, Jean-Louis Zardoni était aussi un artiste accompli, un stylo à la main. Il a composé plusieurs chansons devenues des classiques locaux, comme Je veux vivre à Frontignan, Antoine le Sétois, La Macaronade ou encore La Tielle. Georges Brassens lui aurait même déclaré un jour : "Tu n'as pas de voix mais tu as du texte". Malgré ce conseil, Zardoni poussait régulièrement la chansonnette, notamment devant le Tabary's ces derniers étés, se qualifiant avec autodérision de "chanteur mondain".
Une vie marquée par l'histoire et la culture sétoise
Né au Vigan où ses parents s'étaient réfugiés pour échapper aux bombardements alliés, Jean-Louis Zardoni avait pleinement adopté Sète et son identité. Sa disparition emporte avec elle un pan entier de l'histoire culturelle de la ville. Aujourd'hui, c'est toute la gouaille sétoise qui semble s'être éteinte avec lui.
La communauté locale et le monde des joutes sont en deuil. Midi Libre adresse ses sincères condoléances à toutes les personnes touchées par cette perte douloureuse. Jean-Louis Zardoni manquera profondément à cette ville qu'il a tant aimée et célébrée.