Gourou : un thriller politique qui saisit les dérives de notre époque
Le film Gourou, réalisé par Yann Gozlan et porté par l'acteur Pierre Niney, est projeté cette semaine à Marvejols et Saint-Chély-d'Apcher. Ce thriller paranoïaque plonge le spectateur dans un univers où se mêlent montée du populisme, influence néfaste des réseaux sociaux et dérives sectaires du monde des influenceurs.
Un film dans l'air du temps
Gourou se veut à la fois édifiant pour le spectateur, moral pour la société et spectaculaire pour le chaland du samedi soir. Il aborde des thèmes brûlants comme la perversion narcissique, les dangers du pouvoir et le capitalisme galopant, cochent ainsi toutes les cases du film politique contemporain.
Pierre Niney, l'acteur le plus bankable du moment, incarne le personnage principal avec une implication remarquable. Malgré un jeu parfois proche du surjeu, il parvient à rendre ce personnage détestable finalement sympathique, démontrant une fois de plus son talent.
Une réalisation efficace mais un scénario perfectible
Yann Gozlan, à la réalisation, réussit à fabriquer un thriller tonitruant qui tient le spectateur en haleine pendant plus de deux heures. Après le remarquable Boîte noire, il confirme son habileté à créer des atmosphères tendues et captivantes.
Cependant, le scénario accumule quelques lourdeurs qui handicapent les louables intentions de départ. Les attaques politiques manquent de subtilité, tombant parfois dans un manichéisme trop appuyé. Le film devient brouillon et grandiloquent, victime de son premier degré.
Un divertissement honnête mais inabouti
Malgré ses qualités, Gourou se perd aux deux tiers dans une histoire rocambolesque et finit par oublier ses intentions premières. Il passe ainsi à côté d'un beau sujet en prise avec son époque, devenant un honnête divertissement plutôt que le brûlot qu'il aurait pu être.
Le film reste néanmoins un thriller efficace qui offre une critique acerbe des dérives du pouvoir et de l'influence dans notre société contemporaine. Une œuvre à découvrir pour ses performances d'acteurs et son propos engagé, même si son exécution scénaristique laisse à désirer.