Festival BaroQuiales 2026 : musique baroque autour d'Alexandre le Grand
BaroQuiales 2026 : musique baroque et Alexandre le Grand

Le festival des BaroQuiales, dédié à la musique baroque depuis 1998, se déroulera du 5 au 12 juillet 2026 dans cinq communes de l'Est des Alpes-Maritimes : Saorge, Sospel, Menton, Nice et La Trinité. Le programme est articulé autour de l'oratorio « Alexander's Feast » de Georg Friedrich Haendel, une œuvre majeure qui explore la figure d'Alexandre le Grand.

Un thème d'actualité

« Le thème est d'une actualité brûlante alors que nous revenons à la confrontation entre des empires après l'échec de la mondialisation heureuse », déclare Pierre Colliot, directeur général des BaroQuiales. Après avoir exploré l'Angleterre et l'Amérique latine, le festival met le cap sur la Méditerranée et la figure d'Alexandre le Grand. Jean-Sébastien Beauvais, directeur artistique depuis 2018 et chef de l'ensemble La Chambre, souligne : « C'était un grand mécène des arts malgré lui. Les conquêtes hellénistes sur tout le bassin méditerranéen et en Asie ont colporté des maillons culturels en poésie, sculptures et musique. » Il ajoute : « C'était intéressant de pouvoir parler de cette figure tout en abordant une pièce majeure pour nous : l'oratorio de Haendel. Cela permet de parler des arts comme un lien social et culturel entre les mondes. »

Deux créations originales

Comme l'an dernier, le festival propose deux créations. La première, « Au Cœur de la nuit », se tiendra le 5 juillet au monastère de Saorge et le 6 au sanctuaire de Laghet. « Le spectacle va réunir des œuvres de Roland Lassus, un des compositeurs phares de la Renaissance, autour d'une messe – un requiem qui n'est pas du tout triste. Il y aura un dialogue avec d'autres pièces qui parlent du rêve, notamment une berceuse séfarade et une pièce contemporaine », indique Jean-Sébastien Beauvais. Cette représentation, jouée dans le noir, mettra la viole de gambe en majesté, un instrument dont le son ressemble à la voix humaine.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'autre création est le concert de clôture du 12 juillet à la cathédrale de Sospel : la réinterprétation d'« Alexander's Feast » de Haendel. « Dans le festival, on retrouve une grande partie de transmission : masterclass, stages, activités à destination des scolaires et des publics amateurs. Cette année, cela se traduit par un stage vocal de six jours. On monte un chœur avec des gens qui viennent de toute la France. À la fin, on mélange tout ça avec les instrumentistes et les solistes », détaille le directeur artistique.

Programme varié : soufis, troubadours et Mme de Sévigné

Le 8 juillet, la cathédrale de Sospel accueille l'ensemble Le Concert de l'Hostel Dieu pour « Dolce Follia », avec des musiques métissées incarnant la transe des soufis et l'énergie de l'art populaire et savant, incluant des percussions iraniennes. Le 9 juillet, direction Nice et le centre culturel La Providence pour un spectacle de l'ensemble féminin Aïgal, plongeant dans le monde des troubadours femmes. « C'est un spectacle mis en scène, qui aborde comment ces artistes coexistaient avec les troubadours hommes. Les répertoires moyenâgeux et contemporain se font écho », explique Beauvais. Le lien avec Alexandre le Grand réside dans l'expression théâtrale : « La Grèce a créé les codes du théâtre, du chœur. Et les six chanteuses travaillent sur cette versification et cette métrique anciennes. »

Le 10 juillet, dans le grand salon du Riviera Palace de Menton, un duo féminin – claveciniste et comédienne – fera salon avec Mme de Sévigné, mettant en abyme ses textes avec les musiques de l'époque. Chaque spectacle est conçu pour être accessible, sans élitisme. « Il y a besoin d'avoir des spectacles qui se mettent à la hauteur des gens et qui viennent parler directement au creux de l'oreille. Dans le cadre du festival, on peut discuter, voir les instruments utilisés… », insiste le directeur artistique.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Nouveauté : une table ronde pour les professionnels

Cette année, une table ronde destinée aux professionnels – ensembles, structures, jeunes instrumentistes – sera organisée le jeudi 9 juillet avec la Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes (Spedidam). « C'est une casquette que nous n'avions pas jusqu'alors, et qu'on est ravis de pouvoir endosser. Cela permet au festival d'être un lieu de rencontre. De créer des synergies dans un moment où on a besoin de plus en plus de faire des projets en cohésion pour pouvoir limiter les coûts », souligne Jean-Sébastien Beauvais. Il se réjouit également que les BaroQuiales explorent de nouveaux territoires : Menton, La Trinité et Nice. « Quand le festival a été créé en 1998, l'idée c'était l'animation nisso-ligure. Il partait de Nice pour aller jusqu'à Turin. Nous rêvons de pouvoir un jour refaire cette boucle. »