Bad Bunny au Super Bowl 2026 : un spectacle politique dans un moment de communion nationale
Bad Bunny au Super Bowl 2026 : un spectacle politique marquant

Le dimanche 8 février 2026, le stade Levi’s de Santa Clara, en Californie, a accueilli le Super Bowl, la finale tant attendue du championnat de football américain de la NFL. Cet événement, souvent considéré comme un rare moment de communion nationale aux États-Unis, a rassemblé environ 130 millions de téléspectateurs devant leurs écrans de NBC. Dans un contexte politique tendu, le match entre les Seattle Seahawks et les New England Patriots, remporté par les Seahawks sur le score de 29-13, a offert une parenthèse de concorde, rappelant des années plus apaisées désormais révolues.

Une ambiance nostalgique et des publicités facétieuses

L'ambiance générale du Super Bowl 2026 contrastait fortement avec la réalité politique américaine de l'ère Trump 2. Les publicités diffusées pendant les pauses ont contribué à cette atmosphère légère, avec des spots humoristiques comme celui de Pepsi, où la marque vole à Coca sa mascotte, un ours blanc, qui préfère soudainement la boisson rivale et se retrouve contraint de suivre une psychanalyse pour comprendre ce changement. D'autres annonces ont mis en avant des films à venir, mettant en scène des stars immortelles telles que le réalisateur Steven Spielberg et le comédien Brad Pitt, tandis que des réclames évoquaient un futur dominé par l'intelligence artificielle. Un message de Toyota, sponsor officiel de la mi-temps, résumait cette vision optimiste : « Le chemin, ce sont les gens. »

La mi-temps de Bad Bunny : un spectacle chargé de messages politiques

Cependant, c'est la mi-temps qui a capté l'attention de tous. Le spectacle a été confié au rappeur portoricain Bad Bunny, âgé de 31 ans, qui avait déjà fait parler de lui une semaine plus tôt lors des Grammy Awards. Lors de cette cérémonie, l'artiste avait vivement critiqué l'ancien président Donald Trump et sa politique d'immigration, notamment l'agence ICE, ainsi que les agents fédéraux impliqués dans la mort de deux manifestants à Minneapolis, dans le Minnesota. « Avant de remercier Dieu, je vais dire : dehors ICE ! Nous ne sommes pas des sauvages… Nous sommes des êtres humains et nous sommes américains », avait-il déclaré, marquant son engagement politique.

Au Super Bowl, Bad Bunny a poursuivi sur cette lancée, truffant son spectacle de références politiques subtiles mais percutantes. Bien que les cérémonies artistiques ne soient traditionnellement pas le lieu de tels messages, l'artiste a su utiliser cette plateforme mondiale pour exprimer ses convictions, créant un contraste saisissant avec l'ambiance générale de communion du match. Son performance a ainsi transformé la mi-temps en un moment de protestation et de réflexion, rappelant que même dans les événements sportifs les plus consensuels, la politique peut trouver sa place.

Un symbole de résistance dans l'Amérique de Trump 2

Bad Bunny est rapidement devenu un symbole anti-Trump, utilisant sa notoriété pour dénoncer les injustices perçues sous son administration. Son apparition au Super Bowl 2026 a renforcé cette image, montrant que les artistes peuvent jouer un rôle crucial dans les débats nationaux. Alors que des millions d'Américains cherchaient à échapper à la polarisation politique le temps d'un match, Bad Bunny a rappelé que les questions sociales et migratoires restent brûlantes, même dans les moments de divertissement.

En somme, le Super Bowl 2026 a été marqué par cette dualité : d'un côté, un match sportif unificateur et des publicités légères ; de l'autre, un spectacle de mi-temps chargé de messages politiques portés par Bad Bunny. Cet événement illustre comment le sport et la culture peuvent se croiser pour refléter les tensions et les espoirs d'une nation, offrant un aperçu de l'Amérique contemporaine à travers le prisme du football américain et de la musique.