C'est une soirée riche en suspense et en émotions qu'a offerte la finale de « Pékin Express, au royaume des dragons », diffusée vendredi soir sur M6. Après avoir traversé le Népal, puis la province du Yunnan en Chine, les deux binômes finalistes, les amies belges Claire et Thelma ainsi que le père et sa fille Anna et Anthony, se sont affrontés lors d'une ultime course effrénée dans les rues de Bangkok, en Thaïlande.
Et ce sont Anna et Anthony qui ont franchi en premier la ligne d'arrivée, après un sprint particulièrement touchant où tous deux ont exprimé leur affection l'un pour l'autre. Du haut de ses 19 ans (18 lors de la finale), la jeune femme devient la plus jeune gagnante de l'émission. Les candidats du Nord remportent aussi une cagnotte particulièrement élevée, 86 150 euros, qu'ils souhaitent reverser à diverses associations. 20 Minutes les a rencontrés six mois après leur victoire.
Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez franchi la ligne d'arrivée ?
Anna : Voir ce panneau « Pékin Express » est un sentiment extraordinaire. À ce moment-là, je ne réalise pas. Je n'arrive pas à me dire qu'après toutes ces semaines, on a gagné. On avait des concurrents de taille mais on n'a jamais rien lâché. Je suis aussi hyper fière de papa parce qu'il a toujours tout donné pour moi.
Anthony : C'était une course un peu folle, avec beaucoup d'émotions, de montagnes russes, et face à un super binôme. À un moment, on ne sait pas si on est devant ou derrière, par contre on sait que c'est la dernière ligne droite. Quand on arrive et qu'on voit cette affiche « Pékin Express », c'est une explosion de bonheur, l'apothéose de la course. On se refait aussi un petit peu le film en arrière, c'est complètement irréel, on n'y croit pas.
Anna, vous êtes la plus jeune gagnante de « Pékin Express ». Est-ce une fierté particulière ?
Anna : Forcément. Je suis surtout reconnaissante que le programme m'ait permis de vivre ça à 18 ans. Peu de gens vivent cette aventure et la faire à mon âge, c'est exceptionnel. Ça m'a beaucoup apporté et aussi dans ma vie personnelle pour plus tard.
Lequel d'entre vous voulait-il participer à cette émission ?
Anna : C'est une émission que je regardais beaucoup quand j'étais petite avec ma grand-mère Brigitte, qui est complètement fan. C'était quelque chose que j'aurais adoré vivre. Après, je n'avais aucune prétention pour me dire qu'un jour, j'allais vraiment le faire. Je sais à quel point cette aventure est prisée et beaucoup de gens veulent la faire. J'en parlais déjà depuis mon adolescence à papa et à 18 ans, l'âge légal pour postuler, on l'a fait de manière très spontanée et ça a marché.
Était-ce important de le faire avec votre père ? Était-ce une façon de rattraper un peu le temps perdu ?
Anthony : Professionnellement, j'ai été assez occupé. C'était donc aussi pour vivre une aventure exceptionnelle avec Anna. Je suis très flatté qu'elle ait pensé à son père parce qu'elle aurait pu penser à sa meilleure copine.
Anna : C'était avec mon père ou rien. Je suis quand même jeune et je voulais le faire avec un pilier, j'en avais besoin. C'est quand même une aventure qui est très dense et je ne me voyais pas le faire avec une amie. C'était donc soit ma mère, soit mon père. Mais ma mère préfère regarder l'émission à la télé !
Aviez-vous des craintes concernant cette course ?
Anthony : On a un peu le même caractère. On est un peu têtus, tout en restant gentils. On est tenaces et on se donne le maximum de chances pour y parvenir. Parfois, il y avait une crainte sur la communication dans des moments un peu stressants. Mais ça s'est très bien passé.
Anna : À part quand il a paumé la carte [avec les consignes d'orientation]…
Anthony : Un moment de solitude… Mais ça a été le seul moment. On avait même prévu ce genre de situations. On s'était dit que si jamais ça montait en tension, on avait un mot spécial qui permettait de dire « stop, on se calme ». Mais on n'a pas eu besoin de l'utiliser.
Anna : On avait plus de craintes avant, que pendant l'aventure. Là où on s'est posé le plus de questions, c'était avant de partir lorsque le producteur nous a dit qu'on s'apprêtait à vivre quelque chose de beaucoup plus dur que ce qu'on pensait ou voyait à la télé. On s'en doutait mais on avait toujours cette part d'inconnue. En effet, c'est beaucoup plus dur, ça demande beaucoup plus de mental qu'on ne le pense.
Anthony : C'est une course intense et tous les binômes passent par des moments de fatigue. Il y a un peu de nervosité aussi. Et nous, ça s'est plutôt bien passé. On vit aussi quelque chose d'exceptionnel parce qu'on est H24 ensemble. Ma fille a dû subir mes ronflements… Mais c'est quelque chose de très fort et on s'est bien entendu.
Qu'avez-vous trouvé de plus difficile ?
Anthony : Physiquement, le trek a été le moment le plus douloureux. Je pense que ça s'est bien vu, ça m'a scié les genoux. On s'est même dit qu'on ne pourrait pas continuer. Je ne pouvais plus marcher, j'avais une canne. On pensait rentrer en France le lendemain. Finalement, on a dû s'organiser mais ça a été un handicap pendant toute la course.
Anna : Je n'ai pas été blessée comme papa. Pour moi, ça a été plutôt de garder cette détermination tout au long de la course. Au début, on est forcément émerveillé par tout ce qu'on voit et par l'univers de la télé qu'on ne connaît pas. On découvre aussi de nouveaux pays. J'étais allée au Sri Lanka juste avant mais je découvrais vraiment l'Asie. Mais au bout de quelques semaines, la fatigue commence à se faire ressentir. On dort par terre la plupart du temps. C'est aussi un peu répétitif, le stop, tout ça. Mais il faut rester dans la course, concentré, compétiteur, car la moindre erreur peut nous faire éliminer. J'ai eu aussi parfois des coups de mou, mais on se soutenait mutuellement, on se reboostait.
Et quel est votre plus beau souvenir ?
Anna : Emotionnellement parlant, c'est la finale. C'est inexplicable et dingue. Notre moment à deux. Mais notre plus beau souvenir, c'est la rencontre avec les autres binômes. On ne le voit pas à la télé mais on crée des liens très forts. On est sans connexion, on n'a pas de téléphone… On n'est qu'avec ces personnes-là et on crée de belles amitiés avec eux.
Anthony : On se souviendra aussi toujours de notre toute première soirée lorsque la balise sonne et où on se retrouve dans un village. Il y a un groupe d'écolières, on s'approche, on discute et on demande si leurs familles peuvent nous accueillir pour une nuit. Les filles sont super souriantes, elles demandent à leurs parents et nous disent que c'est possible. Trois générations qui vivent sous le même toit nous accueillent et ensuite on visite un temple, on va dans l'école, on fait une partie de foot… On vit une soirée incroyable.
Anna : Elle est marquante. Ça faisait du bien de rencontrer d'autres personnes le soir, de se changer les idées et de ne plus être dans la compétition. Chaque soirée était unique.
Qu'avez-vous découvert l'un sur l'autre ?
Anna : On se connaissait déjà quand même beaucoup. Là où j'ai été le plus épatée, c'est de voir la ténacité de papa. Il a quand même eu un handicap très tôt, ses deux genoux ont lâché et six mois après c'est toujours compliqué, il va se faire opérer. Pour autant, il n'a rien lâché. Et je sais qu'il l'a fait pour moi.
Anthony : Anna est quelqu'un d'authentique, solaire. L'aventure nous a aussi donné l'opportunité de s'ouvrir et de dire ce qu'on ressent l'un pour l'autre. Je lui ai découvert des qualités incroyables pendant la course. C'est un petit bout de femme de 18 ans et elle a vraiment été un moteur et un soutien. Elle parle de pilier mais elle l'a aussi été pour moi. Je suis très fier de mes filles et de ce qu'on a pu vivre ensemble.



