Une enquête menée par le collectif d'observateurs du cinéma français met en lumière un phénomène inédit : plus de la moitié des longs métrages produits en France entre 2025 et 2026 comprennent dans leur équipe au moins une personne ayant signé la pétition contre Vincent Bolloré, publiée en mars 2026. Cette pétition, qui dénonce l'influence du milliardaire sur les médias et la culture, a recueilli plus de 15 000 signatures de professionnels du secteur.
Une présence massive dans les équipes de tournage
Sur les 247 films sortis ou en post-production entre janvier 2025 et mai 2026, 131 (soit 53 %) comptent au moins un signataire parmi les acteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens ou producteurs. Les données, issues des bases de la Cinémathèque et des réseaux professionnels, montrent que les signataires sont particulièrement présents dans les postes de création : 38 % des réalisateurs et 42 % des scénaristes des films concernés ont signé.
Un clivage générationnel et thématique
L'analyse révèle également que les films les plus susceptibles d'inclure des signataires sont ceux traitant de sujets sociaux ou environnementaux. Ainsi, 72 % des documentaires engagés et 65 % des drames sociaux comportent au moins un signataire. À l'inverse, les comédies grand public et les films d'action n'en comptent que 28 %. Cette répartition suggère un lien entre les convictions politiques des professionnels et les projets auxquels ils participent.
Les jeunes réalisateurs (moins de 35 ans) sont surreprésentés parmi les signataires : 61 % d'entre eux ont apposé leur nom, contre 34 % des plus de 50 ans. Ce clivage générationnel pourrait influencer les tendances futures du cinéma français.
Réactions contrastées dans le milieu
Du côté des producteurs, les avis sont partagés. Certains, comme la Fédération des producteurs indépendants, estiment que cette pétition reflète un malaise profond dans le secteur et appellent à un dialogue. D'autres, plus proches des groupes Bolloré, dénoncent une « liste noire » qui pourrait nuire à la carrière des signataires. Le réalisateur Jacques Audiard, signataire, a déclaré : « Nous ne faisons que défendre la diversité culturelle face à un monopole médiatique. »
Le CNC (Centre national du cinéma) n'a pas souhaité commenter, mais des sources internes indiquent que l'institution suit le dossier de près. Une chose est sûre : cette pétition a marqué un tournant dans les relations entre le monde du cinéma et les grands groupes médiatiques.



