Jean-Baptiste Rivoire condamné à verser 142 500 euros à Canal+
Ex-journaliste Canal+ condamné à 142 500 euros

L'ancien journaliste de Canal+ Jean-Baptiste Rivoire a été condamné par le tribunal judiciaire de Paris à verser 142 500 euros à son ancien employeur pour avoir critiqué sa politique éditoriale dans un documentaire. Cette décision, rendue publique le 21 mai 2026, fait suite à une plainte déposée par la chaîne cryptée pour diffamation et atteinte à l'image de marque.

Les faits reprochés

Dans un documentaire intitulé Les infos sous contrôle, diffusé en 2025 sur une plateforme de streaming, Jean-Baptiste Rivoire accusait Canal+ de pratiquer une censure interne et de favoriser des contenus alignés sur les intérêts de son actionnaire principal, le groupe Vivendi. Il dénonçait notamment la suppression de sujets jugés trop critiques envers le gouvernement ou certaines entreprises.

La chaîne avait contesté ces allégations, estimant qu'elles portaient atteinte à sa réputation et à son indépendance éditoriale. Dans son jugement, le tribunal a reconnu que certaines affirmations du journaliste étaient diffamatoires et ont causé un préjudice moral et économique à Canal+.

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Les motifs de la condamnation

Les juges ont estimé que Jean-Baptiste Rivoire n'avait pas apporté de preuves suffisantes pour étayer ses accusations. Ils ont souligné que le documentaire présentait des généralisations abusives et des propos inexacts, notamment sur le supposé contrôle éditorial exercé par Vivendi.

Le montant de 142 500 euros se décompose en 100 000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice moral, 30 000 euros pour le préjudice économique et 12 500 euros au titre des frais de justice. Le tribunal a également ordonné la suppression de certains passages du documentaire sur les plateformes où il est encore disponible.

La réaction de Jean-Baptiste Rivoire

L'ancien journaliste, qui a travaillé pendant quinze ans à Canal+ comme reporter et présentateur, a annoncé son intention de faire appel. Dans un communiqué, il a déclaré : « Cette condamnation est une atteinte à la liberté d'informer. Je continuerai à dénoncer les pressions qui s'exercent sur les médias. »

Il a également reçu le soutien de plusieurs syndicats de journalistes et d'organisations de défense de la liberté de la presse, qui dénoncent une décision « inquiétante pour le pluralisme des médias ».

Un précédent dans le paysage médiatique

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre journalistes et directions de médias sur les questions d'indépendance éditoriale. Plusieurs anciens employés de Canal+ ont déjà critiqué publiquement la ligne éditoriale de la chaîne, mais c'est la première fois qu'une condamnation financière aussi lourde est prononcée.

Le tribunal a rappelé dans son jugement que la liberté d'expression n'est pas absolue et qu'elle trouve ses limites dans le respect de la réputation d'autrui. Les juges ont estimé que les propos de Jean-Baptiste Rivoire excédaient les limites admissibles de la critique.

Les conséquences pour le journalisme d'investigation

Cette décision pourrait avoir un effet dissuasif sur les journalistes d'investigation qui souhaitent dénoncer des pratiques dans leur propre entreprise. Des associations de journalistes ont exprimé leur inquiétude, craignant que de telles condamnations ne freinent les lanceurs d'alerte.

Pour l'heure, Jean-Baptiste Rivoire dispose de deux mois pour faire appel. En attendant, il devra s'acquitter de la somme due, sauf si un sursis à exécution est accordé par la cour d'appel.

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