Commission d'enquête : "Transformer le service public en objet de soupçon"
Commission d'enquête : "Transformer le service public en objet de soupçon"

Le journaliste indépendant et directeur de l’Observatoire des médias de la fondation Jean-Jaurès David Medioni porte son regard d’expert sur les principales préconisations du rapport sur l’audiovisuel public rédigé par le député UDR de l’Hérault Charles Alloncle.

Une commission d'enquête sous influence idéologique

Selon David Medioni, la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public était pertinente dans son principe, mais sa mise en œuvre a été biaisée. "L'idée c'était de transformer le service public en objet de soupçon", explique-t-il, dénonçant une volonté de l'extrême droite et de l'écosystème Bolloré de discréditer un concurrent. Cette logique, selon lui, vise à fragiliser l'information, les enquêtes et les documentaires culturels produits par le service public.

Fusion de chaînes : une menace pour l'information

Le rapport propose notamment la fusion de France 2 et France 5. David Medioni juge cette idée "très, très mauvaise", car elle affaiblirait à la fois l'information (France 2) et les documentaires de réflexion (France 5). En revanche, la fusion des réseaux France 3 Régions et ICI pourrait être bénéfique pour renforcer les médias locaux. Quant à la fusion de franceinfo et France 24, il la qualifie de "logique idéologique", alors que franceinfo est en croissance constante.

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Économies dans les sports : un danger pour l'identité nationale

Les économies drastiques envisagées pour le budget des sports, des jeux et des divertissements sont jugées "très dangereuses". David Medioni souligne que réduire d'un tiers le budget des sports de France Télévisions reviendrait à perdre des événements majeurs comme Roland-Garros, le Tournoi des Six Nations ou le Tour de France, qui seraient alors diffusés par des chaînes privées payantes, privant les Français de ces rendez-vous identitaires.

Nomination des PDG par le président : une régression

L'idée de faire nommer les PDG de Radio France et France Télévisions par le président de la République est vivement critiquée. "Pour restaurer la confiance, c'est la plus mauvaise des idées", affirme Medioni, rappelant les errements passés sous Nicolas Sarkozy. Il estime que cette mesure menacerait la liberté d'information et d'enquête journalistique.

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