Le Parlement ghanéen a adopté, mercredi 29 mai 2025, un projet de loi anti-LGBT parmi les plus répressifs d'Afrique. Le texte, qui criminalise les relations homosexuelles, prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison pour les personnes reconnues coupables de « promouvoir » l'homosexualité ou d'être impliquées dans des « actes homosexuels ».
Un texte très répressif
La loi, officiellement intitulée « Projet de loi sur les valeurs familiales humaines », interdit également la « promotion » de l'homosexualité, ce qui pourrait inclure la défense des droits LGBTQ+ ou la simple mention de l'homosexualité dans un contexte éducatif. Les contrevenants risquent entre 5 et 10 ans de prison. Le texte prévoit aussi des sanctions pour les personnes qui « financent » ou « soutiennent » des activités LGBTQ+.
Cette adoption intervient après plusieurs mois de débats houleux au sein du Parlement ghanéen. Les partisans de la loi, principalement issus des partis conservateurs et religieux, affirment qu'elle est nécessaire pour protéger les valeurs culturelles et familiales du pays. Les opposants, quant à eux, dénoncent une atteinte grave aux droits humains et une discrimination institutionnalisée.
Réactions internationales
La communauté internationale a rapidement réagi. Les Nations unies ont exprimé leur « profonde préoccupation », rappelant que le Ghana est signataire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'Union européenne a condamné le texte, le qualifiant de « violation flagrante des droits fondamentaux ». Les États-Unis ont également critiqué la loi, menaçant de réviser leur aide au développement si elle était promulguée.
Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et Human Rights Watch, ont appelé le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, à ne pas promulguer la loi. « Ce texte est une attaque directe contre la dignité et la liberté des personnes LGBTQ+ au Ghana », a déclaré un porte-parole d'Amnesty International.
Contexte africain
Le Ghana rejoint ainsi une trentaine de pays africains où l'homosexualité est criminalisée. Cependant, la loi ghanéenne est considérée comme l'une des plus sévères du continent, comparable à celles en vigueur en Ouganda ou au Nigeria. En Ouganda, une loi adoptée en 2023 prévoit la peine de mort pour certaines infractions liées à l'homosexualité.
Au Ghana, les relations homosexuelles étaient déjà interdites par des lois coloniales, mais le nouveau texte renforce considérablement les sanctions et élargit la définition des infractions. Les militants LGBTQ+ ghanéens redoutent une recrudescence des violences et des arrestations arbitraires.
Prochaines étapes
Le projet de loi doit maintenant être signé par le président Akufo-Addo pour devenir loi. Ce dernier n'a pas encore indiqué s'il promulguerait le texte, mais il a déjà exprimé son soutien à des valeurs « traditionnelles » par le passé. Une fois promulguée, la loi pourrait être contestée devant la Cour suprême du Ghana.
Les prochaines semaines seront cruciales pour l'avenir des droits LGBTQ+ au Ghana. La pression internationale et les appels des organisations de droits humains pourraient influencer la décision du président. En attendant, la communauté LGBTQ+ ghanéenne vit dans la crainte d'une répression accrue.



