Le roman Un seul œil de Michèle Pedinielli fait partie des cinq romans en lice pour le prix du polar 2026 dans le cadre du salon Lire en Poche. L'autrice, niçoise d'origine corse, a fait découvrir son héroïne Diou en 2018 avec Boccanera. Diou est une détective privée qui porte des santiags, et ce cinquième épisode de ses aventures nous plonge à nouveau dans l'ambiance de Nice.
Nice, personnage central
Dans cette série, la ville de Nice joue un rôle essentiel. Michèle Pedinielli utilise la cité pour déconstruire les clichés et les slogans publicitaires qui en font la capitale touristique des Alpes-Maritimes. Les romans mettent également en scène une tribu soudée : Diou partage sa vie avec Dan, son colocataire galeriste homosexuel, Jo, un policier de la PJ niçoise, et Mila, une chienne sauvée d'une usine à chiots. Cette tribu est durement éprouvée lorsque la femme de Jo est assassinée et que Dan est agressé, tombant dans le coma.
Chantiers destructeurs et nostalgie
Diou est une dure à cuire, et la suivre n'est pas de tout repos. Comme dans les romans de Valerio Varesi, auquel Pedinielli rend hommage, on ressent un mélange de rage et de nostalgie. Rage face au désastre programmé par des « bâtisseurs de l'avenir » sans scrupule et corrompus, nostalgie d'un monde fantasmé où le respect des pierres et du patrimoine prévalait. Varesi évoque Parme et son « sentiment de décomposition » ; Pedinielli parcourt Nice en frissonnant de colère devant les chantiers destructeurs que les responsables politiques vantent. Elle écrit : « Tout ça attire les touristes qui posteront leur sourire à la con devant un toutou géant qui se fait chier dessus par les pigeons. Fermez le ban. »
Un seul œil, de Michèle Pedinielli, éd. L'Aube/Mikros noir, 326 p., 11 €. Votez jusqu'au 5 juillet sur lireenpoche.fr/votez-pour-le-prix-du-polar-2026 pour le roman de votre choix. Un tirage au sort parmi les votants désignera trois gagnants récompensés lors de la soirée d'ouverture du salon Lire en poche le 9 octobre à Gradignan (33).



