Le lauréat du prix Goncourt 2025, Laurent Mauvignier, était l'invité de la Comédie du livre ce mercredi soir à Montpellier. Devant une salle Molière comble, il est venu présenter son roman La Maison vide, une saga familiale qui a conquis lecteurs et critiques.
Un rendez-vous avec le public
Mauvignier, qui vit de sa plume depuis vingt-cinq ans, a ressenti dès le départ que ce livre rencontrerait son public. « Il y a des livres pour lesquels vous sentez que quelque chose coince, ça résiste. Là, il y a eu une espèce d'évidence. Je crois qu'on a rendez-vous avec un livre », confie-t-il. Ce succès le touche d'autant plus que de nombreux lecteurs lui disent se reconnaître dans son histoire.
La quête d'une mémoire familiale
L'écrivain a longtemps pensé que sa famille, qui « en trois siècles s'est déplacée de 5 km », n'avait aucun intérêt romanesque. Pourtant, ce « rien » s'est révélé riche de mystères, notamment le visage effacé de sa grand-mère Marguerite sur toutes les photos. « On me racontait que c'était une femme 'pas bien', et moi, enfant, je ne comprenais pas qu'elle ne puisse pas se défendre. C'est un peu comme si on m'avait interdit d'écrire cette parole de Marguerite et que je suis allé la chercher. »
Écrire comme un buisson ardent
Pour Mauvignier, l'écriture est une « façon de solidifier » un récit familial flottant. « J'aime comparer l'écriture au buisson ardent, c'est un feu toujours en train de naître de lui-même », explique-t-il. L'auteur s'intéresse à la vérité, plus qu'à la réalité. Madame Bovary existe bien, elle est vraie, tout en étant un personnage de fiction. Il a eu la sensation de voir apparaître sous ses yeux de vieilles photos argentiques, et s'est parfois inspiré de tableaux, comme L'enterrement à Ornans de Courbet pour la scène de l'enterrement de Firmin.
Un dialogue avec ses personnages
Les trois à quatre années d'écriture n'ont pas toujours été faciles. « Cette rencontre avec vos personnages, c'est une conversation, faite d'écoute, c'est un dialogue parfois tendu mais on ne doit jamais aller contre eux. En réalité, je ne sais pas comment on écrit un livre », sourit-il, avouant être troublé par l'énergie que ce travail a exigée. « Je ne pense pas avoir l'énergie de cette personne. Je ne sais pas qui est ce Mauvignier. » Le public, conquis, repart avec un début de réponse.



