Laura Smet interprétera sa grand-mère Huguette Clerc dans le biopic sur Johnny
Laura Smet jouera sa grand-mère dans le biopic sur Johnny

C'est elle-même qui l'a voulu : Laura Smet a demandé à pouvoir jouer le rôle de sa grand-mère Huguette Clerc dans le prochain biopic sur son père Johnny, réalisé par Cédric Jimenez, assure Paris Match. Le tournage commencera dès juin prochain, pour une sortie prévue en 2027.

Une implication familiale forte

La famille s'est particulièrement investie dans le projet, puisque David Hallyday a donné son accord pour lancer la production, avant que Laura ne valide le scénario. Même Laeticia devrait faire une courte apparition dans ce film, qui retracera la carrière du chanteur, incarné par Benjamin Voisin (L'Étranger), de sa jeunesse jusqu'à l'inoubliable concert du Parc des Princes, pour ses 50 ans, en 1993.

La relation compliquée entre Huguette et Johnny

Huguette Clerc et son fils ont connu une relation compliquée et distendue. Quand Jean-Philippe – futur Johnny – naît en 1943, son père Léon Smet, artiste de music-hall, déserte le foyer en vendant au passage la layette et le berceau. Il finit par revenir pour se marier, avant de disparaître complètement au bout de quelques mois.

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Hélène Mar, mère par substitution

Huguette, employée dans une crémerie, se retrouve alors désemparée et va trouver refuge auprès de sa belle-sœur Hélène Mar, une ancienne artiste et femme de tête au grand cœur. Choquée par l'attitude de son frère Léon, elle prend Johnny sous son aile, pendant qu'Huguette gagne sa vie comme mannequin de cabine dans l'après-guerre.

Elle doit s'absenter souvent, les horaires et l'agenda sont trop capricieux pour qu'elle élève seule son fils. Hélène Mar prend donc naturellement le relais et finit par s'occuper du jeune garçon. La famille Mar part à Londres, où les filles d'Hélène ont décroché des contrats de danseuses à L'International Ballet. Le petit Johnny a trois ans quand il suit le mouvement, Huguette reste à Paris.

Elle envoie des courriers, mais quand ils se reverront plus tard, son fils ne l'appellera déjà plus « maman ». Sa tante est devenue peu à peu sa mère par substitution. Hélène lui fait apprendre la danse, lui paie des cours de musique et de chant, convainc Huguette de lui laisser s'occuper de son fils, jure qu'elle en fera un artiste, que tout s'écroulera si elle le reprend… La voilà officiellement tutrice. C'est elle qui signera son premier contrat en 1960, pour la sortie de « Laisse les filles ».

« Je ne lui en voulais pas, parce qu'elle n'existait pas »

« Elle était belle ma mère, confiait Johnny dans son autobiographie Dans mes yeux, écrite avec Amanda Sthers. Parfois, je vois son visage dans celui de ma fille Laura. Un port de tête altier. Une femme qu'on regardait dans la rue. Elle était gauche avec moi, elle voulait m'enlacer, mais elle ne savait pas s'y prendre. C'était tabou de parler de ma mère quand j'étais petit. Je ne prononçais pas son nom : Huguette. Ni Huguette, ni maman. Je l'ai tue. Elle ne me manquait pas, je ne lui en voulais pas, parce qu'elle n'existait pas. »

Huguette refait sa vie en épousant un publicitaire, Michel Galmiche, avec lequel elle a deux autres enfants – les demi-frères de Johnny. Elle reverra régulièrement son fils, qui l'invitera lors de concerts notamment. Et à la fin de sa vie, elle viendra même séjourner dans la maison de Marnes-la-Coquette, sur l'insistance de Laeticia, pour raccommoder les liens perdus.

« Je ne prononçais même pas son prénom au début, s'est souvenu Johnny. Pour lui parler, je faisais un bruit, une onomatopée, ou je commençais une phrase directement : “Dis-moi”… Et puis un jour, sans savoir pourquoi, j'ai prononcé : “Dis-moi maman”, et c'était comme dire je t'aime pour la première fois. Ça m'a piqué le cœur. Elle est partie alors que nous étions en paix l'un avec l'autre… »

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