L'acteur Antoine Reinartz, connu pour son rôle dans 120 Battements par minute, incarne Samuel Paty dans le film L'Abandon, présenté hors compétition à Cannes. Dans un entretien au Point, il revient sur son interprétation et les réactions suscitées par le film.
Humanité avant ressemblance
Pour Reinartz, l'objectif premier était de rendre l'humanité du personnage. « Au départ, il y a le respect des faits. Trois procès ont décortiqué les événements. Je ne peux pas me permettre la moindre erreur », explique-t-il. La ressemblance physique a été travaillée, mais l'équipe a évité le mimétisme pur pour ne pas tomber dans le spectacle déplacé.
Préparation minutieuse
L'acteur a lu tous les livres sur l'affaire et rencontré Mickaëlle Paty, la sœur de Samuel. « Elle m'a beaucoup libéré en me disant qu'elle me faisait confiance », confie-t-il. Il a également observé des cours d'histoire-géographie à Clichy pour comprendre le métier d'enseignant.
Réseaux sociaux et responsabilité
Reinartz critique le rôle des plateformes dans la diffusion de la haine. « La cabale est née et s'est développée uniquement sur les réseaux sociaux. Les plateformes n'ont pas été remises en question par la justice », déplore-t-il. Il appelle à une responsabilisation des réseaux, comparant leur fonctionnement à un Far West.
Un film qui interroge
Le titre L'Abandon évoque les défaillances successives autour de Samuel Paty. Pour Reinartz, le film n'accuse pas une seule personne mais ouvre des pistes de réflexion : comment mieux protéger les professeurs, comment utiliser les réseaux, et comment réagir face à la banalisation de la violence chez certains jeunes.
Regard sur l'éducation
L'acteur s'interroge sur le poids porté par les enseignants. « Nous faisons peser énormément de responsabilités sur eux. Chaque parent s'estime expert sur ce qui doit être enseigné », note-t-il. Il appelle à revaloriser la profession et à retrouver un équilibre entre attentes et soutien.



