Nicolas Justamon : 35 ans de transformisme burlesque au PAB de Royan
Nicolas Justamon : 35 ans de transformisme au PAB de Royan

Voilà trois ans que l’artiste joue son one man show au PAB (Paris Bar) à Royan. Un succès qui ne se dément pas. Sud Ouest l’a rencontré avant d’attaquer la saison.

Nicolas Justamon souffre de dédoublement de la personnalité. Pour la bonne cause. Le Royannais devient sur scène chaque vendredi et samedi soirs Annie Cordy, Céline Dion, Line Renaud ou encore Linda de Suza pour ne citer qu’elles. Et ça fait trente-cinq ans que ça dure. En lançant à Royan un dîner spectacle de transformisme burlesque au PAB (Paris Bar) il y a trois ans, celui qui a fait ses armes Chez Micheline, rue des Bains, à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, a relevé un véritable pari. Dans une ville moyenne, en grande majorité composée de retraités, il fallait convaincre un public pas forcément habitué à ce type de divertissement. Il a finalement réussi à séduire même au-delà des frontières de la Côte de Beauté.

Il faut dire qu’il ne se ménage pas. « C’est à chaque fois pour moi une performance physique. Je me donne autant qu’à mes débuts. Tenir autant de temps dans un seul en scène en passant d’une chanteuse à une autre avec du playback et du direct constitue un véritable défi », assure-t-il. Pour rester en forme, le quinqua s’impose donc tous les matins une heure de marche le long de la plage de la Grande Conche et il se fait masser toutes les semaines par un kiné. Si l’âge n’a « pas trop » de prise sur lui, en revanche il est un domaine qui le handicape sur scène. « J’ai la vue qui baisse et je ne peux pas avoir de lunettes pendant le spectacle. Avec l’éclairage dans les yeux, il faut que je fasse attention à ne pas me casser la figure. Avec les talons ce n’est pas évident. Il y a deux ans, je suis tombé et me suis fêlé une côte. J’ai continué avec des bandages mais je m’en souviens encore. On a placé des petits repères pour que je puisse visualiser les contours de la scène », en sourit aujourd’hui Nicolas Justamon.

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Des montagnes russes

En trois ans, l’artiste s’est imposé dans le monde du spectacle royannais. Lorsque Sud Ouest l’avait rencontré au moment de démarrer son show, il était encore en rodage. Depuis, il est devenu le chef d’orchestre d’une partition millimétrée. « Entre les numéros, j’ai entre trente et quarante secondes pour changer de costume. Je me base sur ce qu’est en train de dire Franck sur scène qui joue le maître de cérémonie. Je sais si je suis en avance ou à la bourre. Pendant mes représentations, je laisse cependant une grande part à l’improvisation. Je ne veux pas m’enfermer dans une routine. Chaque soirée est différente. J’aime transporter le public dans des montagnes russes entre rires et larmes », explique-t-il.

Parmi les musts de son one man show de transformiste burlesque, on peut citer sa célèbre interprétation de « Minouche », l’unique tube du non moins célèbre groupe éphémère Tchouk Tchouk Nougâh en 1985. « Je l’ai découvert au Club Med d’Agadir. Je ne m’explique pas ce succès. Je suis obligé de le reprogrammer à chaque fois. Tout comme Mireille Mathieu. Les gens me le demandent. Parfois il y a des choses qui ne s’expliquent pas », confie-t-il. Mais qui se vivent, oui. Et l’expérience mérite le détour.

Pour autant, Nicolas Justamon renouvelle son « Folies » show tous les ans. « Afin de ne pas lasser et surprendre, c’est une nécessité. Je joue en ce moment mon nouveau spectacle et je prépare déjà le prochain. Je vais essayer de me glisser dans la peau d’artistes plus jeunes et vivantes. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de morts dans mon spectacle (rire) », prévient celui qui peut s’appuyer sur sa maman Françoise en coulisse pour l’aider à changer de tenue et son papa François à la logistique. En ratissant tout le siècle dernier du music-hall, celui qui fait effectivement ressusciter un paquet de célébrités n’a pas fini de nous divertir.

Réservation du dîner-spectacle « Folies Folies » au PAB au 05 46 05 03 22. Tarif : 45 euros hors boissons. Carte cadeau possible.

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