Les négociations indirectes entre l'Iran et les États-Unis, qui se déroulent en Suisse, suscitent autant d'espoirs que d'interrogations. Alors que les deux parties confirment des progrès sur le dossier nucléaire, de nombreux aspects demeurent opaques. Voici un état des lieux de ce que l'on sait et de ce qui reste inconnu.
Un cadre de discussion rétabli après des mois de rupture
Depuis le 20 juin 2026, des délégations iranienne et américaine se rencontrent indirectement à Genève, sous l'égide de la médiation suisse et avec la participation de l'Union européenne. Ces pourparlers marquent la première reprise de dialogue diplomatique depuis la rupture des négociations de Vienne en 2025. Selon un diplomate européen cité par l'AFP, "les discussions sont constructives et permettent d'avancer sur des questions techniques". L'Iran insiste sur le fait que ces échanges ne sont pas des négociations directes, mais des "consultations" facilitées.
Les points d'accord potentiels
Deux avancées majeures sont évoquées. Premièrement, un échange de prisonniers inclurait plusieurs ressortissants occidentaux détenus en Iran, en échange de la libération d'Iraniens incarcérés aux États-Unis pour violation des sanctions. Deuxièmement, un accord intérimaire sur le nucléaire pourrait voir Téhéran geler son enrichissement d'uranium à 60 % en échange d'un allègement partiel des sanctions. Un responsable iranien, sous couvert d'anonymat, a déclaré : "Nous sommes prêts à faire preuve de flexibilité si nos intérêts sont respectés."
Les zones d'ombre persistantes
Plusieurs questions cruciales restent sans réponse. La levée des sanctions contre les Gardiens de la Révolution, classés organisation terroriste par Washington, n'est pas à l'ordre du jour. Par ailleurs, l'inspection des sites militaires iraniens par l'AIEA n'est pas acceptée par Téhéran. Enfin, le sort des avoirs iraniens gelés à l'étranger (estimés à 7 milliards de dollars) n'est pas clarifié. Un analyste du think tank Crisis Group souligne : "Le diable se cache dans les détails : sans mécanisme de vérification robuste, un accord risque d'être fragile."
Le rôle de la Suisse et de l'UE
La Suisse agit comme intermédiaire traditionnel entre les deux pays, tandis que l'UE coordonne les aspects techniques. L'envoyé spécial de l'UE, Enrique Mora, a indiqué que "les discussions progressent, mais qu'il ne faut pas s'attendre à une percée immédiate". Les négociations se déroulent dans un hôtel genevois, avec des allées et venues entre les délégations.
Les réactions internationales
Israël a exprimé son scepticisme, le Premier ministre déclarant que "tout accord qui laisse à l'Iran une capacité nucléaire est une menace existentielle". La Russie et la Chine, de leur côté, soutiennent les négociations mais réclament une levée complète des sanctions. Les États du Golfe, comme l'Arabie saoudite, observent avec prudence, espérant que l'accord réduise les tensions régionales.
Quelles suites possibles ?
Les discussions doivent se poursuivre jusqu'au 25 juin. Si un accord-cadre est trouvé, il pourrait être soumis aux parlements des deux pays. En cas d'échec, le risque d'une escalade militaire est réel, comme l'a rappelé le secrétaire d'État américain : "Toutes les options sont sur la table."



