Le photographe animalier franco-grec Kyriakos Kaziras expose ses œuvres à Saint-Tropez jusqu'au dimanche 31 mai, dans le cadre de la douzième édition du Grand prix photo. L'exposition-vente se tient à la salle Jean-Despas et présente plusieurs séries de clichés en noir et blanc, mettant en lumière des animaux tels que gorilles, ours polaires et panthères.
Un style unique et reconnaissable
Kyriakos Kaziras maîtrise parfaitement le contraste. Ses photos monochromes placent le sujet dans un cadre immaculé ou basaltique, permettant à l'œil de se concentrer sur l'essentiel. « Le noir et blanc apporte de la texture, de la matière. En faisant abstraction des couleurs, on va directement à l'émotion », explique-t-il. Ce style unique a séduit Massimo Ambrosio, président de l'événement : « Dès le début, nous avons été fascinés par son interprétation du portrait animalier. Il a son style très identifiable, beaucoup copié mais jamais égalé. »
De la mode à la nature sauvage
La passion de la photographie est arrivée très tôt chez Kaziras, dès l'âge de 6-7 ans. Il a fait ses armes dans la mode, où il a acquis des connaissances techniques et un goût pour la mise en scène. « Je considère les animaux un peu comme des top models. Je les photographie comme dans les défilés des années 90, avec un mouvement vers l'avant », confie-t-il. En 2001, un voyage au Botswana le fait tomber amoureux des étendues sauvages, et il décide de se consacrer à la photographie animalière.
Patience et préparation
Le photographe retourne souvent aux mêmes destinations et y reste environ un mois pour développer des liens avec les locaux et approfondir son travail. Il prépare chaque expédition avec minutie, en écrivant un story-board comme un réalisateur. « Je prépare des idées précises de prises de vues à partir de mes connaissances sur l'attitude des animaux et les lieux », dit-il. De retour en France, la sélection des photos est frustrante : sur plusieurs milliers de clichés par an, seuls 20 sont retenus. Son prochain livre, qui sortira en septembre, regroupe entre 8 et 12 ans de travail.
La lumière, outil essentiel
Outre son appareil, la lumière est son deuxième outil principal. Il utilise des éclairages studios sur des véhicules ou des bateaux pour obtenir un contraste particulier. Il connaît les distances à respecter avec chaque animal : « Avec les hippopotames et les buffles, on ne s'approche jamais. Pour les éléphants, on étudie leur trajectoire et on attend à 400 mètres. » Pour les ours, l'approche varie selon la région : en Alaska, les femelles ont plus peur des mâles que des humains ; au Canada, ils sont chassés et ont peur ; au Spitzberg, ils ne sont pas habitués à la présence humaine et peuvent considérer l'homme comme une proie. Interrogé sur la peur face aux prédateurs, Kaziras répond : « Je n'y pense pas, je suis concentré sur ma photo, l'œil dans l'objectif. »
L'exposition est visible jusqu'au 31 mai à la salle Jean-Despas à Saint-Tropez.



