200 ans de portraits photo à La Seyne : exposition collective à la Villa Tamaris
200 ans de portraits photo à La Seyne : exposition collective

La Villa Tamaris, à La Seyne-sur-Mer, célèbre le bicentenaire de la photographie avec une exposition collective intitulée « 200 ans de portraits ». Plus de 360 clichés, signés par une quarantaine de photographes, retracent l'évolution du portrait photographique du XIXe siècle à nos jours. L'exposition, proposée par l'association L'œil en Seyne et coproduite avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), est visible jusqu'au 4 octobre 2026.

Une exposition née d'une volonté de dépasser Nadar

« Quand on a rencontré Jacqueline [Franjou, présidente de l'association qui gère le centre d'art], elle voulait une exposition consacrée à Nadar, et nous, on en a marre de Nadar ! » plaisante Gilles Désiré dit Gosset, conservateur général du patrimoine et directeur de la MPP. Cette boutade justifie le parti pris d'une exposition collective, qui permet de montrer la diversité des approches du portrait sur deux siècles.

L'atelier Nadar occupe néanmoins une place centrale. « C'est le premier grand fonds de portraits de la MPP, acheté en 1950 », précise Mathieu Rivallin, inspecteur-conseiller de la création artistique et responsable du département de la photographie à la MPP. Le fonds compte plus de 250 000 négatifs, couvrant l'activité de Félix Nadar de la fin des années 1850 au début des années 1930, puis celle de son fils. Outre les portraits d'écrivains comme Victor Hugo, on y trouve des samouraïs japonais venus poser lors d'une Exposition universelle.

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Des studios emblématiques aux regards contemporains

Au XIXe siècle, d'autres ateliers suivent la même démarche, comme celui d'Adolphe Dallemagne, dont des tirages aluminés ont été réalisés spécialement pour l'exposition. Plus tard, le studio Harcourt (créé en 1934) et le studio Levin marquent leur époque avec des portraits de vedettes du cinéma.

L'exposition met aussi en lumière des collaborations plus récentes. Arnaud Baumann et Xavier Lambours, formés au magazine Hara-Kiri, y présentent leurs séries. « Chez Jacqueline Salmon, le portrait se voit en deux images : le visage et l'intériorité qu'en éprouve la photographe », explique le communiqué. Carole Bellaiche expose sa série de jeunes filles et son approche cinématographique.

Portrait social, grimé et autoportrait

L'exposition aborde également le portrait social avec Yan Morvan, les visages grimés d'acteurs saisis par Thérèse Le Prat, et une section d'autoportraits créatifs. Felix Nadar simule un vol en montgolfière, John Natho pose dans un « Bleu piscine », et Gladys retravaille un autoportrait de sa série « Veuve du Pêcheur, Gribouillis 2 » (1983) avec un crayon jaune doré « pour créer un fil d'Ariane », confie-t-elle.

La Médiathèque du patrimoine et de la photographie, partenaire clé

Établissement du ministère de la Culture, la MPP gère les archives des monuments historiques et le patrimoine photographique de l'État. « En gros, on a les archives de Viollet-le-Duc et les photos de Brigitte Bardot », résume Gilles Désiré Dit Gosset. Avec plus de 25 millions d'images, la MPP est « sans doute l'un des plus gros services de conservation d'archives photographiques de France voire d'Europe ». Ne disposant pas de lieu d'exposition propre, elle valorise ce patrimoine via des collaborations comme celle avec L'œil en Seyne, dont c'est la troisième après les expositions Gérard Uféras et Willy Ronis. L'exposition voyagera ensuite à Amiens, à Versailles en 2028, et « j'espère ailleurs », conclut Gilles Désiré Dit Gosset.

Informations pratiques

« 200 ans de portraits », à la Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer, jusqu'au 4 octobre 2026. Ouvert de 13 h 30 à 18 h 30. Fermé les lundis, mardis et jours fériés.

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