Handicap : le Campus Braille dévoile ses innovations pour les déficients visuels
Campus Braille : des innovations pour les déficients visuels

Ce jeudi se tient la 7e Conférence nationale du handicap, un rendez-vous majeur qui a lieu tous les trois ans depuis 2008. Cette année, un nouveau venu fait son entrée : le Campus Braille. Inaugurée en décembre 2024 dans le 7e arrondissement de Paris, cette pépinière « travaille à l’innovation et la recherche pour rendre le monde plus accessible aux déficients visuels », explique Laurène Messeca, sa vice-présidente.

Fondé par l’Institut National des Jeunes Aveugles (INJA) et trois associations de déficients visuels, le Campus Braille se développe rapidement. Le 16 juin, quelque 25 start-ups et entrepreneurs ont présenté leurs innovations avec un mot d’ordre commun : l’accessibilité. Certains projets sont déjà au stade de l’application, voire de la commercialisation. 20 Minutes vous en présente quelques-uns.

Des solutions pour faciliter la mobilité

Pour faciliter la mobilité des déficients visuels, Ezymob propose une solution d’aide à la mobilité sur les transports en commun. Sur le modèle de Google Maps, cette application permet d’aller d’un point A à un point B. Mais cette fois, l’application prend en charge toute la chaîne de déplacement en indiquant à l’utilisateur comment se rendre à l’arrêt de bus et confirme la ligne en approche. En cas de changement, elle propose même un guidage entre les lignes.

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Surtout, grâce à l’intelligence artificielle, elle est capable de reconnaître son environnement et donc de détecter les portes du bus ou du métro, d’indiquer où se trouvent les sièges vides ou les valideurs de titre de transport. Déjà disponible à Calais, Besançon, Douai et à l’Île de la Réunion, Ezymob travaille avec Île-de-France Mobilités pour la rendre accessible en région parisienne en septembre prochain.

D’autres dispositifs permettent aux déficients visuels de mieux comprendre leur espace. À l’instar de Rango, un petit boîtier qui se fixe sur la canne blanche. Il intègre un guidage GPS qui annonce les intersections et détecte les obstacles difficiles à percevoir avec la canne, notamment ceux situés en hauteur ou à faible emprise au sol.

Plus encombrante, la ceinture SeeHaptic offre une perception plus globale. Une caméra clipsée sur la branche des lunettes scanne l’environnement et envoie les informations à la ceinture dotée de 256 picots. Ces picots « dessinent » alors dans le dos de l’utilisateur une perception de l’environnement, les formes, les profondeurs et même les mouvements pour lui donner un « rendu visuel » grâce à la substitution sensorielle qui permet, par le toucher, d’activer les mêmes zones dans le cerveau que la vue. Primée au concours Lépine en 2024, cette ceinture fait actuellement l’objet d’une étude clinique en vue d’un éventuel remboursement par la Sécurité sociale avant sa mise sur le marché.

Suivre un film, jouer à des jeux de société… Les loisirs au cœur du développement

L’accessibilité, c’est aussi la possibilité de profiter de la culture, des loisirs et de différents événements. C’est l’objectif de l’application La Bavarde, développée par l’association normande Les Yeux Dits-Traducteurs d’image. « Nous récupérons auprès des distributeurs de films et des chaînes de télévision les fichiers référence de films », explique Aldéric Lesueur, responsable projets. Grâce à ces fichiers, l’application donne accès à l’audiodescription de centaines de films, courts-métrages, spectacles et même expositions. L’association réalise aussi ses propres audiodescriptions. Il suffit de lancer le fichier pour que celui-ci reconnaisse instantanément le moment du film et lance l’audiodescription à la seconde près.

C’est assez proche de ce que propose Beplay, une entreprise brésilienne, mais pour les événements en direct. Pour une conférence par exemple, Beplay filme la scène qui est transmise à des équipes dans le monde entier qui peuvent ainsi proposer une audiodescription et une traduction en temps réel. Les participants n’ont qu’à scanner un QR code et choisir parmi les langues disponibles. Une solution d’avenir pour de nombreux événements.

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De spectateur à acteur… Sightkick permet aux personnes aveugles et malvoyantes de participer aux jeux de société en totale autonomie et sans matériel adapté. Cette application qui s’utilise avec une oreillette permet de reconnaître les cartes d’un jeu, de rappeler son jeu à l’utilisateur, de comprendre les annonces instantanément et de pouvoir ainsi participer avec des voyants sans que le rythme ou le jeu n’ait à être adapté.

De plus en plus de déficients visuels dans la population

Autant d’exemples qui permettent de « passer d’une société inclusive à une société accessible », rappelait le 16 juin Camille Gaillard-Minier, ministre déléguée en charge de l’Autonomie et des personnes handicapées. Ces progrès pourraient même bénéficier au plus grand nombre puisque, comme le rappelle Laurence Messeca, « beaucoup d’innovations comme la télécommande de télévision, les messages vocaux ou la brosse à dents électrique avaient été conçues à l’origine pour les personnes atteintes de handicaps. »