Normales de saison : un indicateur dépassé face au réchauffement climatique ?
Normales de saison : un indicateur dépassé face au climat ?

« C'est de la folie, on a dépassé les normales de saison quasiment tous les jours cette année », constate Guillaume Séchet, météorologiste et présentateur sur BFM-TV, dans un entretien au Nouvel Obs. Après la canicule historique de mai, la France subit en juin 2026 un nouvel épisode de chaleur intense. Le site Météo Paris, fondé par Guillaume Séchet, alerte : avec des températures de 15 à 17 degrés au-dessus des normales, ce mois pourrait égaler la canicule de 2003, qui avait duré deux semaines et reste la vague de chaleur la plus forte jamais enregistrée. En mai déjà, plus de 1 000 records mensuels ont été battus.

Un outil statistique dépassé

Le concept de normale de saison est ancien : il remonte à 1840, lorsque le météorologue prussien Heinrich Wilhelm Dove l'a utilisé dans ses travaux. Depuis, il a été formalisé par le Comité météorologique international. Aujourd'hui, Météo-France calcule les normales sur des périodes de 30 ans, actualisées tous les 10 ans. Les dernières (1991-2020) ont été publiées en 2022. Mais le rythme du réchauffement climatique rend ces références obsolètes presque aussitôt publiées. Selon Météo-France, la température moyenne en France a augmenté de 1,8 °C depuis 1900, et l'accélération est nette depuis les années 1980.

Des records en cascade

Les épisodes caniculaires se succèdent et s'intensifient. Juillet 2025 a été le quatrième mois de juillet le plus chaud, derrière 2022, 2023 et 2020. En juin 2026, les écarts aux normales atteignent 15 à 17 °C, un niveau inédit pour un mois de juin. « On a dépassé les normales de saison quasiment tous les jours cette année », insiste Guillaume Séchet. Les vagues de chaleur deviennent plus précoces : celle de mai 2026 a été la plus précoce jamais observée.

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Faut-il abandonner les normales de saison ?

Pour les météorologues, les normales restent utiles comme repère historique, mais leur pertinence diminue. « Elles ne reflètent plus le climat actuel, mais un climat passé qui n'existe plus », explique un climatologue de Météo-France. Certains proposent de les remplacer par des références mobiles, comme les moyennes glissantes sur 5 ou 10 ans, ou de les accompagner systématiquement d'un indicateur de tendance. Le débat est ouvert, mais une chose est sûre : le réchauffement climatique impose une révision de nos outils de communication météorologique.

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