1963 : El Cordobés enflamme les arènes de Mont-de-Marsan
1963 : El Cordobés enflamme Mont-de-Marsan

Un triomphe annoncé pour El Cordobés

Le 23 juillet 1963, Manuel Benítez, dit « El Cordobés », le torero de Palma del Rio, vient tout juste de prendre l'alternative en mai à Cordoue. C'est à Mont-de-Marsan, en Aquitaine, qu'il se présente comme matador pour la clôture des fêtes de la Madeleine. Il enthousiasme le public montois, mais un peu moins Don Pepe, le célèbre critique taurin. Retour sur cet événement avec un article de l'époque.

Une corrida sous le signe du phénomène

Placée sous le signe du phénomène « El Cordobés » (rouge et or), cette corrida des fêtes n'a pas déçu le public, qui garnissait entièrement les arènes du Plumaçon, par une journée splendide et très chaude. Si elle fut très animée et, par moments, d'un niveau très élevé, le mérite en revient dans une large part aux adversaires du marquis de Domecq qui, à l'exception du dernier, d'une bravoure douteuse, firent des peleas rapides en poussant la plupart sous la pique. Seul le cinquième, un très beau toro colorado, accusa de la faiblesse de pattes. Ils furent, pour les hommes, des ennemis nobles ; certains d'entre eux d'une charge franche et sans la moindre intention perverse. Les bichos étaient de belle présentation et, dans l'ensemble, très armés. En somme, un lot qui donna satisfaction. Devant de tels animaux, la tâche des matadors se trouva considérablement facilitée et cela donna l'occasion aux tendidos d'extérioriser leur enthousiasme.

Les performances des autres matadors

César Girón : une grande classe malchanceuse

César Girón (vert jade et or) remplaçait le jeune Palmeño, retenu par ses obligations militaires. Le Vénézuélien affirma sa grande classe en face du premier Domecq, d'abord dans cinq véroniques excellentes, puis avec la muleta dans un trasteo appliqué, sérieux, vaillant, à base de bonnes naturelles, quelques-unes en citant de face. Hélas ! Sa malchance avec l'épée devait le priver d'une oreille, mais non d'un tour de piste mérité. Sur une prudente réserve, devant le peu commode quatrième, il n'insista pas et acheva d'une estocade basse préméditée (bronca).

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Mondeño : une bonne journée couronnée de succès

Mondeño (gris et or) eut une bonne journée. La noblesse idéale de son premier ennemi le mit en confiance et sa faena, faite sur place à quelques millimètres des cornes et liée, porta sur les gradins. Ses fameuses manoletinas eurent leur succès habituel. Après un pinchazo, il acheva d'une demi-estocade et une oreille lui fut accordée. En face du cinquième, Mondeño se mit encore en vedette avec un calme déconcertant et logea une estocade entière suivie d'un descabello. Gros succès, mais cette fois, la présidence, on ne sait trop pourquoi, refusa une oreille qui, à notre avis, pouvait se justifier, et elle fut sérieusement houspillée.

El Cordobés : un attente déçue ?

Tout le monde attendait impatiemment « El Cordobés », le diestro qui passionne les foules. Ce dernier, sans avoir réalisé, il s'en faut, le toreo sincère qui lui avait valu sa réputation, n'a pas, à notre avis, fourni le travail de qualité que l'on pouvait espérer. Il eut un premier adversaire idéal de noblesse qu'il toréa sèchement et plutôt mal de cape, sous les bravos exagérés du public. Avec la muleta, il débuta par six passes statuaires qui enflammèrent les tendidos, puis vint un trasteo spectaculaire qui manqua sans doute de liaison, où son style bien personnel apparut dans des passes de son cru, pas toujours très orthodoxes, bien sûr, mais qui emballèrent tout de même un public bien disposé à son égard. Trois voyages médiocres avec l'épée, trois descabellos et une oreille.

Moins facile, son dernier fut travaillé plus sérieusement, exclusivement de la droite, avec pour terminer des manoletinas toujours les bienvenues. Cette fois, il entra avec une telle rectitude que le toro le prit, lui déchirant la culotte. L'estocade, légèrement horizontale, fut pourtant concluante. La place entière lui fit une ovation monstre. Il fut porté en triomphe avec les deux oreilles et la queue du bicho, ainsi que le mayoral de chez Domecq.

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Une présidence contestée

La présidence de MM. Darbins et Miquel n'a pas toujours été appréciée du public. Cet article est à retrouver dans le livre : « Un Siècle de corridas : les plus belles chroniques de Don Severo - Georges Dubos - Zocato - Don Pepe - Patrick Espagnet - Yves Harté - Pierre Veilletet » par Marc Lavie aux Éditions Sud Ouest.

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