Un film aux intentions louables mais à la réalisation trop sage
Laetitia Masson, réalisatrice française connue pour son regard acéré sur les relations humaines, livre avec «Ulysse» un long-métrage qui explore le thème du handicap. Le film suit le parcours d'un jeune homme atteint d'un handicap moteur, interprété par un acteur non-professionnel, et de son entourage. Si l'intention de donner une voix à des personnes souvent invisibilisées est louable, le résultat peine à convaincre.
Un scénario trop lisse pour être vrai
Le récit, centré sur les défis quotidiens et les relations affectives du protagoniste, souffre d'un manque de tension dramatique. Les obstacles semblent surmontés avec une facilité déconcertante, ce qui donne une vision idéalisée et irréaliste du handicap. Les dialogues, bien que naturels, manquent de mordant et ne parviennent pas à créer une véritable émotion chez le spectateur.
La mise en scène de Masson, habituellement inventive, apparaît ici conventionnelle. Les plans sont soignés, mais la caméra reste trop distante, empêchant une immersion dans le vécu intime des personnages. On regrette que la réalisatrice n'ait pas osé des choix esthétiques plus audacieux pour traduire la perception singulière du monde par son héros.
Des performances inégales
Le choix de confier le rôle principal à un acteur amateur est un parti pris risqué. Si sa présence apporte une authenticité certaine, sa performance manque de nuances, notamment dans les scènes émotionnellement chargées. Les acteurs professionnels qui l'entourent, comme Sandrine Kiberlain ou Mathieu Amalric, livrent des compositions solides mais semblent parfois en décalage avec le ton général du film.
Un message important, une exécution perfectible
«Ulysse» aborde des thèmes essentiels comme l'autonomie, la sexualité et la place dans la société des personnes handicapées. Cependant, le film les effleure sans jamais les approfondir, comme s'il craignait de déranger. La pudeur excessive de la réalisatrice dessert son propos : on reste sur sa faim, souhaitant que le film aille plus loin dans la complexité des situations.
En conclusion, «Ulysse» est une œuvre sincère mais trop polie pour marquer les esprits. Elle témoigne d'une volonté d'inclusion dans le cinéma français, mais rappelle aussi qu'il ne suffit pas de montrer le handicap pour le comprendre. Un film à voir pour son intention, mais qui laisse espérer des œuvres futures plus audacieuses sur le sujet.



