C'est son bijou et il va coûter bonbon. La nouvelle salle de bal de la Maison-Blanche, voulue et défendue par Donald Trump, devrait coûter jusqu'à 600 millions de dollars, dont la moitié provenant de fonds publics, affirme le Washington Post ce mardi.
Des documents révélateurs
Le quotidien a obtenu un résumé du projet préparé pour l'administration républicaine par l'entreprise Clark Construction, chargée des travaux. Ces documents « montrent que les estimations internes des coûts ont été nettement plus élevées que ce que les responsables de l'administration ont reconnu dans leurs déclarations publiques ou leurs dépôts auprès des tribunaux », affirme le Post. Et d'ajouter : « Ils montrent également que, dès l'annonce du projet, il était prévu de s'appuyer fortement sur l'argent des contribuables. »
Un budget qui explose
« Un rêve devenu réalité », un « cadeau aux États-Unis »… Ce projet est largement défendu par Donald Trump, davantage préoccupé par ces travaux que par certaines opérations en Iran selon une enquête du Wall Street Journal. Et il n'a cessé de prendre de l'ampleur : son budget prévisionnel, financé en principe par des dons privés, était déjà passé de 200 millions à 400 millions de dollars.
Interrogée par l'AFP, la Maison-Blanche a insisté mardi sur le fait que la majeure partie du projet était financée par le président lui-même et des donateurs. « Le président Trump et de généreux patriotes américains financent la salle de bal à hauteur d'environ 400 millions de dollars, ce qui en fera un lieu sécurisé et adapté pour les présidents pour les prochaines décennies », a déclaré Davis Ingle, un porte-parole.
Sécurité nationale
La « menace potentielle » déjouée par le FBI dimanche lors d'une soirée d'Arts martiaux mixtes (MMA) « démontre parfaitement pourquoi la rénovation de l'aile Est est nécessaire pour ces grands événements », a-t-il ajouté, soulignant que le projet était « inextricablement lié » à des questions de sécurité.
Depuis l'attaque au gala de la presse en présence de Donald Trump fin avril dans un hôtel de Washington, le gouvernement invoque des impératifs de « sécurité nationale » pour obtenir la levée des obstacles à sa construction. Cette dernière est en effet contestée en justice par la National Trust for Historic Preservation (NTHP), une organisation à but non lucratif mandatée par le Congrès pour la préservation des bâtiments historiques.
Sans attendre, le président républicain avait déjà déclenché une vague de protestations en faisant détruire au bulldozer une aile entière de la Maison-Blanche pour ce projet. La future salle est censée accueillir jusqu'à 1 000 personnes pour des réceptions et des dîners. Trump a également affirmé que le toit de la salle de bal abriterait des drones et le sous-sol un hôpital.



