Trois chorégraphes actuels au Grand-Théâtre de Bordeaux jusqu'au 30 avril
Trois chorégraphes actuels au Grand-Théâtre de Bordeaux

Justin Peck, Alexander Ekman et le duo Iratxe Ansa-Igor Bacovich sont à l'affiche du Grand-Théâtre jusqu'au 30 avril. Trois pièces utilisant les langages d'aujourd'hui, nourries d'un héritage classique, mais allant dans des directions différentes : ballet évocateur, narratif ou proche du théâtre. On pourrait penser que le programme « Joy » dansé par le Ballet de l'Opéra de Bordeaux serait homogène ; c'est tout l'inverse qu'on a vu mercredi 22 avril, pour la première.

« Hurry up, we're dreaming » : l'évocation de San Francisco

La pièce de Justin Peck alterne des ensembles et des pas de deux pour évoquer l'atmosphère de San Francisco. Enthousiasme, énergie d'un côté ; intimisme, tendresse de l'autre. Dansée en baskets, cette pièce mise sur l'engagement physique, le rythme, l'enchaînement des tableaux sans temps morts. Le Ballet de Bordeaux lui apporte sa touche française : des ports de bras élégants, des ensembles propres. Chorégraphiquement parlant, c'est riche ; c'est peut-être le degré d'émotion qui n'est pas à la hauteur.

« L'Amour sorcier » : un mythe espagnol revisité

L'émotion, on l'a dans « L'Amour sorcier », créé à Bordeaux par le couple Iratxe Ansa-Igor Bacovich. Basés en Espagne, les deux chorégraphes revisitent un mythe espagnol, mais sans espagnolades. Hormis quelques robes, on oublie les références au flamenco et on ne retient que cette histoire d'une femme persécutée par le fantôme d'un ancien amour, et qui demande à une amie de le séduire à son tour pour s'en libérer. On y retrouve une Hélène Bernadou juste et sensible, un Riku Ota mystérieux et dérangeant en créature désarticulée, et on a la confirmation du potentiel de Sarah Leduc, encore au début de son apprentissage mais possédant déjà un magnétisme qui apporte de la densité au ballet.

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« Joy » : Alexander Ekman interroge la joie

Dans « Joy », Alexander Ekman s'interroge sur ce qui crée la joie. Questionnement au carrefour de l'art, de la psychologie et de la philosophie qui situe sa pièce entre la danse et le théâtre. L'ombre de Pina Bausch n'est pas loin, y compris dans des poncifs comme les cheveux lâchés ou la mise en cause de la pointe, mais certaines scènes fonctionnent à plein : un battle hommes-femmes sur fond de hip-hop, un passage absurde où les danseurs se forcent à rire et transmettent ce rire au public, et une grosse débauche d'énergie sur un titre électro-pop. Forcément, ça marche, et c'est parfait pour clôturer la soirée. Alexander Ekman a été acclamé au Grand-Théâtre après la représentation.

Prix : 10 à 50 euros. Renseignements et réservations sur opera-bordeaux.com.

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