Le numéro 2 de France Télévisions, Stéphane Sitbon-Gomez, a pris la parole ce mercredi pour défendre le droit à la critique des artistes, dans le cadre de la polémique suscitée par la tribune anti-Bolloré. Cette tribune, signée par plus de 2 000 professionnels du cinéma, dénonce l'influence croissante de l'extrême droite dans le secteur, sous l'impulsion de Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+.
Une réponse à la polémique
Interrogé en marge du Festival de Cannes, Stéphane Sitbon-Gomez a déclaré : « Les artistes ont le droit à la critique dans ce pays. Ça a toujours été le cas. Le fait d'acheter une œuvre ne demande pas un devoir de loyauté et d'obéissance. » Cette déclaration fait suite à la réaction de Maxime Saada, patron de Canal+, qui a affirmé ne plus vouloir travailler avec les signataires de la tribune.
Le dirigeant de France Télévisions a insisté sur le fait que la culture est « l'expression de la diversité » et qu'il existe « un droit à la désobéissance » dans ce domaine. Il a ajouté : « On n'est pas dans une République bananière. Le cinéma n'est pas un régime autocratique. »
Un appel à la pluralité
Stéphane Sitbon-Gomez a souligné qu'il ne souhaitait pas donner de conseils à Maxime Saada, mais qu'il espérait « une prise de conscience collective du secteur culturel d'une nécessité de préserver le modèle pluraliste du financement de la culture en France ». Selon lui, il est essentiel que plusieurs acteurs participent au financement, que les artistes conservent leur liberté de création et que toutes les œuvres et formes artistiques soient soutenues.
« Il n'y a pas de place pour un monopole dans la culture », a-t-il martelé, avant de préciser que France Télévisions continuera à financer des films et à soutenir des projets, même si ceux-ci sont refusés par Canal+. « On continuera à vouloir travailler avec Canal autour de films », a-t-il toutefois nuancé.
Une tribune qui fait débat
Lancée initialement par 600 professionnels, la tribune anti-Bolloré a rapidement gagné en ampleur, comptant désormais plus de 2 000 signataires. Elle dénonce « l'emprise grandissante de l'extrême droite » dans le cinéma français, en lien avec l'influence de Vincent Bolloré, milliardaire conservateur et actionnaire principal de Canal+, premier financeur du cinéma hexagonal.
La ministre de la Culture a également réagi, regrettant une réponse « disproportionnée » de la part du patron de Canal+. De son côté, le président du Centre national du cinéma a exprimé des regrets face à cette situation.



