Timothée Chalamet : entre campagne pour l'Oscar et transformation en icône médiatique
Timothée Chalamet : la quête de l'Oscar et l'image médiatique

Timothée Chalamet et la course à l'Oscar pour Marty Supreme

Si Timothée Chalamet ne décroche pas l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans Marty Supreme de Josh Safdie, cela ne sera certainement pas dû à un manque d'efforts de campagne. Le Golden Globe remporté le mois dernier laisse entrevoir que cette troisième tentative pourrait être la bonne. Déjà, à deux reprises, l'acteur trentenaire a vu la statuette lui échapper, pour Call Me By Your Name de Luca Guadagnino et Un parfait inconnu de James Mangold.

De l'humilité à la notoriété : une évolution rapide

On se souvient du comédien de 22 ans qui se confiait à 20 Minutes en 2018. « J'ai du mal à comprendre que ces honneurs sont pour moi, avouait-il alors. Je me considère encore comme un petit acteur de théâtre que personne ne connaît. » En quelques années, il s'est habitué à cette idée de manière naturelle. En attendant son Oscar potentiel, ce jeune homme commence lentement à agacer certains, risquant de faire oublier son talent d'acteur derrière une image surmédiatisée.

Timmy, la superstar aux multiples facettes

« Timmy », comme l'appellent ses proches, est devenu une superstar adulée tant par les cinéphiles qui l'ont applaudi dans Dune de Denis Villeneuve que par les curieux fascinés par sa romance avec Kylie Jenner. Timothée Chalamet est omniprésent, constamment sous les projecteurs. Il a pris la grosse tête, ce qui est compréhensible quand son entourage le traite comme une divinité, mais il tente de maintenir une image de « petit mec sympa », même si cela semble parfois forcé.

Lors de l'avant-première de Marty Supreme au Grand Rex, le prix des places pouvait atteindre jusqu'à cinquante euros. « Ça n'a rien à voir avec moi, je ne touche pas ces sous. J'aurais bien aimé que ça soit gratuit », a déclaré Timothée Chalamet dans un français mélodieux, rappelant ses racines françaises. Ce garçon prétendument désintéressé, qui exige vingt-cinq millions de dollars par film, est ensuite retourné dans son palace avant de se précipiter vers son pop-up store, où les goodies de Marty Supreme se vendent à des prix exorbitants, souvent revendus en ligne à des tarifs astronomiques.

Une hypocrisie calculée ou une stratégie commerciale ?

Timmy est-il hypocrite ? Il serait plus juste de dire qu'il gère astucieusement ses affaires. Après tout, si les fans sont prêts à dépenser des sommes importantes pour respirer le même air que lui, il aurait tort de s'en priver. Notons toutefois que lors de son intervention au Grand Rex, il a insisté sur le fait qu'il n'a pas touché un centime sur cette opération, suggérant que c'est la salle qui a exploité les spectateurs.

La tournée promotionnelle et les critiques médiatiques

Si la tournée internationale de Timothée Chalamet a fait étape en France récemment, avant la sortie de Marty Supreme, le barnum Timmy a d'abord traversé les États-Unis lors d'une campagne promotionnelle intense. Plusieurs articles ont alors critiqué le comportement de l'acteur, jugé insupportable par certains médias. Son passage en France a révélé pourquoi : ses prises de parole décontractées masquent souvent un vide de contenu.

  • Sur France Inter, il a abordé la politique : « Aux États-Unis, on a plein de problèmes de société, surtout en ce moment. »
  • Toujours sur France Inter, il a brillé dans l'introspection : « Mon père est français donc j'ai mon côté français, plus intellectuel, à l'écoute, qui sait se moquer de lui-même. Mais j'ai aussi mon côté américain, sans gêne, sans honte, sans être complexé par mon ambition. »
  • Sur TF1, il a donné des conseils sans détour : « Crois en toi, rêve en grand et tu t'en bats les couilles de ce que les gens pensent de toi. »

De nombreux agents d'image et publicistes veillent à protéger sa réputation, exerçant un contrôle strict sur les journalistes autorisés à l'approcher.

Une opération commerciale bien huilée

Timothée Chalamet n'est pas seulement une star de cinéma. Ses activités d'acteur font désormais partie des accessoires d'une opération commerciale soigneusement orchestrée, qui nourrit son vaste entourage autant que lui-même. Il fait le bonheur des stylistes qui l'utilisent comme mannequin pour des tenues parfois improbables. Le gentil garçon souriant s'est transformé en poupée médiatique, dont chaque geste est analysé et chaque mot pesé.

La perte d'authenticité et les enjeux futurs

À moins de l'adorer sans réserve, il devient gênant de le voir perdre toute forme de naturel derrière une gentillesse artificielle. Son Oscar tant désiré le ramènera-t-il sur terre ? Il semble plus prudent de prévoir une ficelle solide pour l'empêcher de s'envoler trop haut. On lui souhaite sincèrement de ne jamais tomber de son piédestal, mais la question de son authenticité continue de susciter des débats dans le milieu du cinéma et au-delà.