The Plague : plongée glaçante dans la cruauté adolescente à Cannes et Deauville
The Plague : la cruauté adolescente dépeinte sans fard

Le film The Plague de Charlie Polinger, découvert à Cannes en 2025 et lauréat du Grand prix et du prix de la Critique à Deauville, s’est fait attendre en salle. Joel Edgerton, vu dans Loving de Jeff Nichols et dans la série Star Wars : Obi-Wan Kenobi, joue le directeur d’un camp de vacances spécialisé dans le water-polo, dans ce conte cruel qui vaut le détour.

Une inspiration autobiographique

« Je voulais explorer la violence et la vulnérabilité de l’enfance d’une manière inédite, déclare le réalisateur qui signe ici son premier long métrage. Pour moi, l’âge de 12 ans était un enfer socialement parlant. » C’est également le cas pour son jeune héros confronté à des athlètes brutaux qui accusent l’un d’entre eux d’être porteur de la peste afin de pouvoir l’humilier. Le réalisateur s’est inspiré des journaux intimes de ses jeunes années pour écrire cette histoire fictive ancrée au début des années 2000.

La cruauté de l’adolescence

« J’ai été pris aux tripes par ce scénario parce qu’il souligne la cruauté de l’adolescence, quelque chose que tout le monde a plus ou moins éprouvé », explique Joel Edgerton. L’acteur a même songé à réaliser le film avant de laisser la place à Charlie Polinger dont il avait apprécié les courts métrages. « Le harcèlement constitue un excellent ressort dramatique, confie le comédien. Charlie l’ayant subi lui-même, il avait une approche très réaliste du sujet. » La vision de The Plague n’a rien d’une partie de plaisir. C’est l’intensité du film qui le rend fort recommandable.

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D’excellents jeunes comédiens (Kenny Rasmussen, Kayo Martin et Everett Blunck) entourent Joel Edgerton. Certains se conduisent comme des animaux sauvages se disputant la proie que constitue un garçon qui ne parvient pas à se faire accepter. Sa maladie de peau le rend d’autant plus vulnérable que ses bourreaux prétendent qu’elle est contagieuse. De quoi faire vivre un enfer à leur victime comme à un héros qui a du mal à choisir son camp.

Un film intense et honnête

« Les adultes sont souvent dépassés par ce type d’histoire car les adolescents cachent bien leur jeu, commente Joel Edgerton. Le personnage que j’incarne est pétri de bonne volonté mais ce n’est pas suffisant pour éviter les drames. Il s’y prend de façon aussi lâche que maladroite. » La tension qui monte parmi les protagonistes dépasse le cadre d’une colonie de vacances pour offrir une réflexion plus générale sur la société. Chacun doit décider de sa conduite afin d’obtenir le soutien de la collectivité ou de s’imposer comme individu à ses risques et périls.

« Plusieurs films ont traité de sujets analogues, insiste Joel Edgerton. Je trouve que The Plague est particulièrement honnête dans sa façon de décrire les relations humaines sans faire montre de manichéisme. » La peste qu’évoque le titre du film n’est pas une maladie d’origine biologique mais elle est tout aussi dangereuse. Elle se propage à la vitesse de l’éclair, par bouche à oreille, contaminant tout le monde sur son passage et laissant le spectateur glacé à la fin de la projection.

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