Steven Spielberg tire la sonnette d'alarme
Steven Spielberg n'est pas homme à monter sur sa chaise pour donner des leçons. Pourtant, le réalisateur de 79 ans est sorti de sa réserve habituelle lors du CinemaCon de Las Vegas pour alerter sur ce qu'il perçoit comme un péril structurel pour l'industrie hollywoodienne. Venu dévoiler la bande-annonce de son prochain film de science-fiction, Disclosure Day, il a fait une mise en garde très solennelle.
La fin du cinéma ?
« Si nous ne produisons plus que des franchises connues et des propriétés intellectuelles de marque, nous allons finir par tomber en panne », a-t-il lâché, selon Variety, après avoir dévoilé la bande-annonce de Disclosure Day. « Il n'y a rien de plus important que d'offrir au public des histoires visuelles, sous n'importe quelle forme, mais nous devons raconter davantage d'histoires originales. »
Une déclaration qui intervient au milieu d'un CinemaCon 2026 particulièrement tendu où le possible rachat de la Warner par la Paramount Skydance Corporation était sur toutes les bouches, avec derrière le spectre de l'hyper concentration des décideurs de l'industrie du divertissement, et avec elle le règne de la rentabilité au détriment de la liberté créative.
La preuve incarnée
Disclosure Day, dont la sortie est prévue le 10 juin, met en scène Emily Blunt en météorologue et Josh O'Connor en homme détenant les preuves d'un contact extraterrestre. Un thème auquel Steven Spielberg a toujours été attaché, mais aussi une recette qui a fait sa fortune et qui lui a permis de gagner son indépendance créative : porter une histoire originale et faire un film de genre, mais selon les codes du film à grand spectacle. C'est l'équation gagnante derrière son succès, et la preuve sans cesse renouvelée qu'on peut prendre des risques créatifs tout en visant le succès commercial.
Spielberg, par son exemple, montre que l'originalité peut rimer avec rentabilité. Son appel résonne comme un avertissement face à une industrie qui tend à privilégier les valeurs sûres au détriment de la diversité des récits. La concentration des studios, avec des entités comme Paramount Skydance Corporation, pourrait accentuer cette tendance, réduisant la place pour les projets novateurs. Le réalisateur invite ainsi les producteurs et les décideurs à repenser leurs priorités pour éviter une « panne » créative.



