La pétition contre Vincent Bolloré, qui a recueilli des milliers de signatures, cache un enjeu bien plus important : le cinéma et la culture ont perdu la bataille du récit et de l'opinion. Ce mouvement, bien que légitime dans ses inquiétudes, ne fait que masquer une crise profonde qui touche le monde culturel français.
Un symptôme d'une crise plus large
La pétition anti-Bolloré est le symptôme d'une crise plus large : celle de la capacité du secteur culturel à produire un récit convaincant et à influencer l'opinion publique. Depuis des années, le cinéma et la culture peinent à se faire entendre dans un paysage médiatique dominé par des intérêts privés et des logiques commerciales.
Les signataires de la pétition dénoncent la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires, mais ils oublient que le problème est plus structurel. La culture a perdu sa capacité à raconter des histoires qui captivent le public et à défendre ses valeurs dans l'espace public.
Le rôle des institutions culturelles
Les institutions culturelles, comme le CNC ou les festivals de cinéma, ont également leur part de responsabilité. Elles ont souvent privilégié une approche élitiste, loin des préoccupations du grand public. Résultat : le discours culturel est devenu inaudible, et les attaques contre les médias privés trouvent un écho limité.
Il ne s'agit pas de défendre Bolloré, mais de comprendre que la pétition est un cache-sexe. Le vrai combat est celui du récit : comment la culture peut-elle reconquérir l'opinion ? Comment peut-elle raconter des histoires qui fassent sens pour tous, et pas seulement pour une élite ?
Une bataille perdue d'avance ?
Certains estiment que la bataille du récit est perdue d'avance, face à la puissance des réseaux sociaux et des algorithmes. Mais d'autres pensent qu'il est encore possible de renverser la tendance, à condition de repenser en profondeur la stratégie de communication du secteur culturel.
Il faut inventer de nouveaux formats, de nouveaux récits, et surtout, sortir des sentiers battus. La culture doit apprendre à parler à tous, sans se renier. C'est un défi immense, mais c'est le seul moyen de retrouver une place dans le débat public.
En attendant, la pétition anti-Bolloré risque de rester un coup d'épée dans l'eau, si elle ne s'attaque pas aux vrais problèmes. Le cinéma et la culture ont besoin de gagner la bataille de l'opinion, pas seulement de signer des pétitions.



