Jean Alesi, président du circuit Paul-Ricard et ancien pilote de Formule 1, est de retour au Grand Prix de Monaco Historique ce week-end, cinq ans après une première apparition marquante. Il pilote une Ferrari 312 de 1969, une voiture historique qui a déjà connu un accident lors des essais libres. Malgré cet incident, Alesi a réussi à se qualifier en sixième position. Il revient sur son parcours, ses sensations au volant et sa passion pour la course.
Un come-back inattendu
Jean Alesi explique comment ce retour s'est décidé : « Tout simplement en passant un coup de fil à Mario, le patron du team Methusalem Racing avec lequel j'avais couru ici en 2021. C'est un passionné de Ferrari qui vit son rêve à fond. » Mario lui a proposé de piloter la 312 ex-Chris Amon à Monaco, et Alesi a accepté malgré ses réticences après l'incident de 2021.
Des souvenirs mitigés
Interrogé sur son expérience de 2021, Alesi répond : « Bon souvenir ! Parce que je me suis retrouvé en première ligne sur la grille de départ, boulevard Albert Ier, pile vingt ans après mon ultime chevauchée en F1 ici. Quel bain de jouvence ! Hélas, je prends un meilleur envol que le poleman. Au volant d'une voiture plus récente, plus performante, il n'arrive pas à me dépasser normalement, au freinage. Alors il me tamponne comme à la fête foraine. Pff, j'avais tout prévu sauf ça. Dénouement hallucinant. »
Un week-end mouvementé
Cette année, Alesi a vécu un nouveau week-end agité : « Ah oui, ça ne pouvait pas commencer plus mal. À Monaco, l'euphorie s'empare de vous... et elle peut vous piéger n'importe quand. Là, hier (ce vendredi), je boucle quatre tours nickel. Et dans le cinquième, l'auto saute à la sortie du tunnel. Je perds l'arrière, je tape le rail. Le team a bossé toute la nuit. Une vraie prouesse. Du coup, lors de la qualif', je suis resté sage. Je n'ai pas poussé à fond. Pareil demain (ce dimanche, départ à 11h15). Je suivrai la marche. Disons que je serai un spectateur privilégié. L'important, c'est de participer. Pour une fois... »
Les sensations au volant
Alesi décrit le pilotage de la Ferrari 312 : « Vu de l'extérieur, on dirait un petit cigare. Mais contrairement à ce que vous pouvez imaginer, on est plutôt bien installé dans ce cockpit exigu. Bien sûr, il y a la musique du V12 qui monte à 13 000 tr/min. À l'époque, les concepteurs pensaient surtout à avoir de la puissance. Ils se préoccupaient moins de savoir comment la passer au sol. Moi, j'aime surtout cette fameuse boîte de vitesses Ferrari que l'on surnommait la « grille ». Changer les rapports avec ce levier, c'est un plaisir absolu ! »
Les risques d'antan
Il évoque aussi les dangers de l'époque : « Oui ! Vous en avez conscience rien qu'en voyant les bouchons des deux réservoirs situés juste à côté de vos chevilles. Un à droite, un à gauche, donc vous êtes assis dans une canette d'essence pesant 530 kilos, avec 440 chevaux dans le dos. »
Le Grand Prix de Monaco 2026
Enfin, Alesi livre son pronostic pour le Grand Prix de Monaco à venir : « Oh, j'ai l'impression de parler à un bleu, là ! À Monaco, il y a toujours des surprises. Vous ne le savez pas ? Il peut tout se passer. Tout sauf ce que vous attendez. Rendez-vous le 7 juin. Je pense que le Grand Prix de Monaco 2026 vous surprendra. »



