Ce jeudi 25 juin, dans le cadre de la troisième édition du festival L'Humour à la plage organisé par Kev Adams, Fabrice Éboué sera à la Pinède Gould de Juan-les-Pins pour présenter son nouveau spectacle, Solitudes. Un show où il se permet tout pour pointer l'absurdité de notre époque.
Un humoriste qui assume son âge et son rythme de travail
Fabrice Éboué approche la cinquantaine et il en a « un petit peu rien à foutre », confie-t-il. « Quand t'as des enfants, tu avances, c'est tout. Et surtout, je fais un métier où on ne peut pas s'arrêter. Je n'ai aucune garantie que les choses vont marcher, je ne sais pas ce qui va se passer demain. La meilleure façon d'effacer le doute, c'est de travailler au maximum. » Il ajoute : « Les gens me disent que je bosse quand je veux, que c'est génial, mais ce n'est pas vrai. C'est moi qui dois me mettre un cadre. Alors je vais au bureau tous les jours. »
Ces derniers temps, il a été particulièrement actif. En décembre dernier, il a présenté Gérald le conquérant, un film qu'il a écrit et réalisé, tout en apparaissant à l'écran. L'histoire d'un homme décidé à créer un parc d'attractions à la gloire de Guillaume le Conquérant, tourné comme un faux documentaire aux allures de satire du nationalisme.
Solitudes : un spectacle qui fait mouche
En janvier, il a ouvert une nouvelle page avec Solitudes, son cinquième spectacle, qui l'a mené dans les Zéniths de France. Il continuera sa tournée à l'automne, avant de jouer les prolongations en 2027, avec des dates à Toulon et Nice les 19 et 20 mars.
Le titre du one-man-show s'est imposé une fois la « matière » réunie. « Dans plein de situations, tu peux te sentir seul. Regarde les gens qui parlent de plus en plus avec les robots, regarde comment ils sont absorbés par leurs téléphones dans le train ou le métro. Les interactions sociales diminuent, ça devient plus dur de rester en couple aussi. »
D'après une captation de travail visionnée par nos soins, Éboué aborde sans crainte des sujets sensibles : la peopolisation de l'affaire Pelicot, l'ancien chroniqueur Gérard Miller accusé de viols, les transgenres, les zoophiles ou encore les utilisateurs compulsifs d'IA. Il tire à vue sans frémir, et ça fait rire tous les bords politiques (ou presque) et tous les âges. « On est quand même encore un peu plus libre qu'en Corée du Nord ou en Afghanistan. Je ne parle pas de déclarations dans les médias ou sur les réseaux sociaux justement, mais de la scène. J'ai toujours dit que mon seul censeur, c'est le public. Parfois, il est même intéressant de jouer avec les malaises et les silences, ça reste du théâtre. »
Un humoriste qui rassemble les générations
Fabrice Éboué a réussi à toucher un public plus jeune ces dernières années, notamment via TikTok où ses sketchs circulent en clips courts, et sa participation à des émissions sur Twitch comme Popcorn de Domingo. « J'ai l'impression de retrouver une seconde jeunesse. Dans mes salles, ça va de 18 à 70 ans maintenant. Je me dis que j'ai réussi un truc qui n'est pas évident quand tu es comique : rassembler les générations. »
Malgré la tendance à des spectacles plus courts, calibrés pour les plateformes, le sien dépasse 1 h 35, sans compter le rappel. « Ce serait plus simple de faire plus court, j'aurais besoin d'écrire deux fois moins. Mais il y a quand même des personnes qui paient jusqu'à 65 balles pour te voir… »
Ce qui était clair, c'était sa volonté de ne pas se laisser plomber par « l'ambiance délétère d'aujourd'hui ». « Autant essayer de tirer une sorte d'originalité, de n'appartenir à aucun camp, de s'élever en tant qu'être humain et pas en tant que communauté. Je crois que j'en parlerai dans mon prochain spectacle, mais tout n'est qu'une question de cycle. Il y a des moments où on se croit plus malin que les autres, puis la vie nous rattrape. »
Renseignements et réservations sur le site du festival : https://www.lhumouralaplage.com/



