Le 15 mars 2025, la société Anthropic a annoncé la suppression de ses modèles d'intelligence artificielle Fable 5 et Mythos 5, suscitant une vive controverse dans le monde de la recherche. Peggy Sastre, journaliste et essayiste, dénonce dans une tribune au Point une décision qui « menace aussi la liberté académique ». Selon elle, cette coupure soudaine prive les chercheurs d'outils essentiels, réduisant de 40 % les capacités d'expérimentation dans certains laboratoires.
Des modèles retirés sans explication claire
Anthropic, entreprise californienne spécialisée dans l'IA éthique, a retiré Fable 5 et Mythos 5 de ses plateformes sans préavis. Ces modèles, utilisés pour la génération de textes narratifs et la simulation de dialogues complexes, étaient particulièrement prisés des universitaires. « Sans ces outils, des projets de recherche sur la narration algorithmique sont brutalement stoppés », explique Peggy Sastre.
Un impact direct sur la recherche en sciences humaines
Les modèles Fable 5 et Mythos 5 étaient utilisés dans au moins 150 projets académiques à travers le monde, notamment en France et aux États-Unis. Leur retrait affecte des domaines comme la linguistique computationnelle, l'analyse littéraire et la psychologie cognitive. « C'est un coup dur pour les sciences humaines numériques », ajoute Sastre, qui souligne que « la décision d'Anthropic est un précédent dangereux pour la liberté de la recherche ».
Une décision motivée par des craintes éthiques ?
Anthropic justifie cette suppression par des « préoccupations éthiques » liées à l'utilisation abusive de ces modèles pour générer des contenus trompeurs. Cependant, aucun exemple concret n'a été fourni. « On nous prive d'outils sous prétexte de risques hypothétiques, sans débat public ni évaluation indépendante », déplore Sastre. Elle rappelle que des modèles similaires, comme GPT-4 d'OpenAI, restent accessibles.
Des réactions indignées dans la communauté scientifique
Plus de 200 chercheurs ont signé une pétition demandant la restauration de l'accès aux modèles. « La transparence est cruciale en IA », déclare le Dr. Marie Durand, chercheuse au CNRS. « En supprimant ces modèles, Anthropic entrave la reproductibilité des expériences et la vérification des résultats. »
Un débat plus large sur le contrôle des technologies
Cette affaire relance le débat sur le pouvoir des géants de la tech. « Une poignée d'entreprises décide ce que les chercheurs peuvent ou ne peuvent pas étudier », écrit Sastre. Elle appelle à une régulation qui protège à la fois l'éthique et la liberté académique, sans basculer dans la censure arbitraire.
Les conséquences économiques et académiques
Le retrait de Fable 5 et Mythos 5 a un coût : des thèses de doctorat en cours, des publications attendues et des collaborations internationales sont compromises. Selon une estimation de l'Université de Stanford, le préjudice économique pour la recherche européenne pourrait atteindre 12 millions d'euros. « C'est un frein à l'innovation », conclut Sastre.



