Eye Haïdara : de maîtresse de cérémonie à Cannes à espionne en colère dans son nouveau film "Mata"
Après avoir brillé aux cérémonies d’ouverture et de clôture de la 79e édition du Festival de Cannes, la comédienne Eye Haïdara revient en salle ce mercredi 27 mai, dans un second rôle dans "L’objet du délit" et surtout en vedette dans le film d’espionnage ultra réaliste "Mata".
Depuis la récente 79e édition du Festival de Cannes, plus personne n’ignore comment prononcer son nom. Mais son visage, tout le monde le connaît depuis "Le sens de la fête" des Nakache-Toledano, dans lequel elle jouait l’assistante de Jean-Pierre Bacri. Si elle a depuis souvent brillé dans la comédie, dramatique, sociale ou populaire ("Brillantes", "Les femmes du square", "Monsieur le maire", "À toute allure", "La maison des femmes"), cette fois, fini de rire : dans "Mata", Eye Haïdara incarne une espionne mise sur la touche qui cherche à percer le secret d’une opération qui a mal tourné.
Sous couverture, au Niger, avec Antoine, son binôme et ami (Raphaël Personnaz), comme elle, Mata, agent du service action de la DGSE (les services de renseignements français), ils se faisaient passer pour des humanitaires pour approcher la zone où des terroristes retiennent en otage des ressortissants français. Mais malgré toutes leurs précautions, l’opération a viré au fiasco : Mata a été blessée par balle et Antoine, kidnappé. Rapatriée à Paris, elle est mise sur la touche, envoyée à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) avec mission de coacher une jeune recrue, Héloïse (Joséphine Japy). Mais Mata veut comprendre ce qui a mal tourné au Niger. Son patron à la DGSE a beau lui marteler "Vous n’êtes qu’un petit maillon sans vision globale. Votre métier, c’est aussi de l’accepter", elle ne s’y résout pas, et sous couvert d’entraîner son "élève", elle mène sa propre enquête. Au risque de lever des lièvres plus gros que le plus gros des prédateurs.
Une tension ultra documentée
Sec, tendu, volontairement opaque par instants, mais non dénué de spectaculaire, ni d’émotion, "Mata" n’a pas grand-chose en commun avec les actioners américains. S’il y subsiste forcément quelque chose des Jason Bourne (la trilogie a redéfini le cinéma d’espionnage), son réalisme, d’évidence, ultra documenté a plus à voir avec "Le bureau des légendes" (autre incontournable !)… et avec la propre expérience de sa réalisatrice : Rachel Lang. Capitaine de réserve au sein de l’armée de Terre, diplômée de l’École supérieure des officiers de réserve, spécialité état-major, la cinéaste Rachel Lang, qui s’était déjà fait remarquer avec "Mon légionnaire", a souhaité rendre hommage aux soldats de l’ombre, pour ne pas dire du secret, mais aussi justice. Autrement dit, ne pas occulter la méticulosité laborieuse qu’implique la quête de renseignement, ne pas détourner le regard du risque létal encouru et montrer que derrière les opérations, il y a des êtres humains et derrière eux, encore, des enfants, des parents, des familles…
Encore une fois, dépourvu de gras, comme de gonflette, "Mata" se veut à l’image du monde qu’il nous fait pénétrer, concentré, stratège, sérieux, imperturbable. Se plaçant en cela dans le sillage du grand cinéma paranoïaque des années 1970, il nous rappelle aussi que les événements, souvent, nous dépassent et parfois, nous écrasent.



