Chiapas, terre et liberté : l'engagement photographique de Patxi Beltzaiz à L'Atalante
Chiapas, terre et liberté : photos de Patxi Beltzaiz à L'Atalante

Le cinéma L’Atalante, à Bayonne, propose une plongée dans le Chiapas mexicain à travers l’exposition « Chiapas, tierra y libertad ! » du photographe Patxi Beltzaiz, visible jusqu’au 12 mai. Ce travail témoigne des combats des communautés zapatistes pour leur autonomie et leur liberté, au sud du Mexique.

Un photographe engagé

Patxi Beltzaiz, aujourd’hui reporter pour « Mediabask », lie la photographie à sa conscience politique. À 18 ans, il quitte le Pays basque pour Toulouse, puis Marseille, animé par l’envie de confronter sa jeunesse à d’autres réalités. Il évolue dans les milieux militants sociaux et anticapitalistes. En 1994, le soulèvement de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) contre l’ALENA est un choc politique pour lui. Ces villageois révolutionnaires organisent des communes autonomes, posant les bases de l’altermondialisme. « Ce truc nous a percutés. Ils ont traduit en actes une pensée politique. C’était et ça reste important pour moi », confie-t-il.

De la militance à la photographie

« Je pense que je suis devenu photographe parce que j’étais militant. J’avais la sensation que la photo pouvait être ma façon d’agir politiquement », explique Beltzaiz. Son travail personnel documente les luttes sociales, des quartiers abandonnés de Marseille à la mémoire républicaine espagnole, en passant par la résistance paysanne en Colombie. L’exposition à L’Atalante fait écho au documentaire « Un lugar mas grande » de Nicolas Defossé, programmé par le cinéma.

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Une approche patiente du réel

Le photographe part pour la première fois au Chiapas en 2008, avec une caravane internationale d’observation. « J’y suis resté un mois et demi. J’ai mesuré qu’il me faudrait plus de temps pour comprendre et être accepté », raconte-t-il. Pendant une décennie, il retourne régulièrement au sud du Mexique, souvent avec sa compagne l’auteure Véro Traba, jusqu’à y passer une année. Ils tissent des liens et des amitiés qui ouvrent des portes. « On n’a pas d’intention précise en partant », dit-il, si ce n’est celle de voir et comprendre.

Un regard documentaire

Patxi Beltzaiz utilise un seul boîtier avec une optique 50 mm à focale fixe, sans flash. Sa méthode : « Vivre les choses et voir ce qui se présente en images. » Ses clichés capturent le quotidien, les cérémonies, le deuil, les menaces, le travail, les fêtes. « Là-bas, tout est imbriqué. La lutte est dans la fête, la vie privée, affective, professionnelle », observe-t-il. Il ne se présente ni comme journaliste ni comme artiste, mais se sent proche du documentaire. « Plus que la beauté, j’essaie d’accrocher la clarté des choses », conclut-il.

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