La championne olympique de triathlon Cassandre Beaugrand participe pour la première fois au Meeting Herculis de Monaco, ce vendredi 10 juillet 2026, sur le 3000 mètres. Une décision motivée par une année post-olympique difficile et un besoin de renouveau.
Un rêve d'enfance réalisé
Cassandre Beaugrand, licenciée de l'AS Monaco, a toujours rêvé de courir sur la piste du Stade Louis-II. « Ça fait des années que je suis au club. Quand j'étais petite, j'ai fait les 1000 mètres des gamins, en 2008. C'était vraiment le meeting dont je rêvais, pour moi, le plus prestigieux », confie-t-elle. Sa trajectoire ne la prédestinait pas à s'aligner sur un 3000 mètres de Diamond League, mais la perte de son titre de championne du monde de triathlon après son abandon en Australie en octobre dernier a servi de déclic.
Le déclic : l'abandon en Australie
« Quand je ne finis pas la grande finale, ça a vraiment été un coup dur. Je me suis dit que j'avais envie de faire un truc qui me fait kiffer l'année d'après. Quand mon entraîneur me demandait si je ne voulais pas m'entraîner pour les Championnats d'Europe (disputés en juin à Tarragone), je lui disais non, je veux vraiment faire Monaco », explique Beaugrand. Pour se sentir capable de rivaliser, elle a couru un 5000 mètres à Nice en mai, battant le record de France en 14'40''77, avant que Sarah Madeleine ne le batte deux semaines plus tard au meeting de Rome (14'37''80).
Un record de France révélateur
« Ça faisait tellement longtemps que je n'avais plus couru sur piste. Je voulais voir où j'en étais, et en mettant du rythme, je me suis aperçue que je n'avais jamais couru aussi vite. Faire 14'45'', ça aurait déjà été très bien. Je me suis un peu surprise moi-même, parce que je n'ai aucun repère, comme pour le 3000 mètres », raconte la triathlète de 29 ans. « Avec la course sur piste, je me concentre davantage sur moi, alors qu'en triathlon, je cours comme les autres. »
Lassitude post-olympique
« Dans cette année post-olympique, j'ai assez souffert des attentes qu'on pouvait avoir de moi. J'ai eu l'or aux Jeux avant d'être championne du monde. Je n'avais jamais trop vécu le succès, et je voulais rester au plus haut niveau, mais parfois, c'est plus dur que d'y accéder. C'était un essoufflement : j'étais fatiguée de faire mes affaires, repartir une fois de plus dans la saison », confie Beaugrand.
Objectif : plaisir et performance
Après avoir battu le record du 5 kilomètres sur route à la Monaco Run en février, la championne olympique retrouve la Principauté avec un mot d'ordre : « J'ai juste envie de prendre du plaisir. Je sais que les filles vont partir vite, il faudra que je me concentre sur mon propre rythme, sinon, je vais me brûler les ailes. » Son record sur 3000 mètres est de 9'02''97 à Miramas en 2022, mais elle vise 8'40'' : « Je suis passée en 8'50'' au 3000 sur mon 5000 de Nice, donc je pense que la marque à 8'40'' est réalisable ! »
Un plateau relevé
Le 3000 mètres féminin réunit des athlètes de renom : la Kényane Faith Kipyegon, triple championne olympique du 1500 m, l'Australienne Jessica Hull, détentrice du record du monde du 2000 m (2024), et l'Éthiopienne Freweyni Hailu, championne du monde en salle 2025. Beaugrand ne jouera pas les premiers rôles : « Je n'ai pas envie de sentir que je subis la course, et de me retrouver à la rue. » Elle tentera « d'accrocher le train des Européennes », même si certaines comme l'Italienne Nadia Battocletti (championne du monde en salle 2026) seront intouchables. Clin d'œil du destin, elle croisera Sarah Madeleine, celle qui lui a ravi le record de France du 5000 mètres.
Première vraie compétition en stade
Beaugrand s'attend à une ambiance intimidante : « J'ai connu des environnements très bruyants sur les routes en triathlon, mais je n'ai jamais vécu ça dans un stade, où tout le monde te regarde. Je pense que ça va être encore plus impressionnant. J'avais fait les championnats du monde Juniors sur piste aux États-Unis, sur le 1500 mètres (à Eugene en 2014), mais j'étais plus jeune. Ça va être ma plus grosse compétition, et même ma première vraie en tant qu'athlète pure dans le monde professionnel. »
Soutien familial et amical
Elle pourra compter sur ses proches : « J'aurai de la famille, mon frère avec des copains. Mon copain aussi, qui revient du Chili. Il avait vraiment envie de venir parce qu'il sait que ça me tient à cœur. J'ai ressenti que je pouvais performer quand je sens que j'ai le soutien du public et de certaines personnes. »
Vie en Espagne
Installée en Espagne, Beaugrand y trouve un camp de base : « Je n'y suis pas tant que ça parce que je bouge tout le temps pour les compétitions. Cet hiver, j'ai réussi à y passer un peu plus de temps. Après les Jeux de Paris, j'avais besoin de retrouver un nouvel environnement. J'ai voulu essayer ici et ça m'a plu. C'est agréable. »



