Robert Aramayo, lauréat du Bafta, éclaire la complexité du syndrome de Gilles de la Tourette
À 33 ans, Robert Aramayo s'impose comme la nouvelle coqueluche du cinéma britannique grâce à deux exploits remarquables. Le premier réside dans sa performance époustouflante dans Plus fort que moi de Kirk Jones, où il incarne John Davidson, un Écossais atteint du syndrome de Gilles de la Tourette depuis l'adolescence. Le film retrace le parcours de cet homme qui œuvre à sensibiliser la société à ce trouble neuropsychiatrique, à une époque où il était largement méconnu. La prestation d'Aramayo est si convaincante qu'elle laisse le spectateur dubitatif quant à savoir si l'acteur n'est pas réellement touché par cette affection.
Un Bafta inattendu et un trouble mal compris
Le second exploit de l'acteur, jusqu'ici aperçu dans des séries comme Game of Thrones et Le Seigneur des anneaux : les anneaux de pouvoir, est d'avoir remporté le Bafta du meilleur acteur, devançant Timothée Chalamet, favori pour son rôle dans Marty Suprême. Cette victoire surprise a été suivie d'un incident révélateur lors de la cérémonie : le vrai John Davidson, présent dans la salle, a laissé échapper une insulte raciste alors que l'équipe de Sinners se trouvait sur scène. Cet épisode illustre l'imprévisibilité et les défis quotidiens liés à ce syndrome, qui touche plus de 200 000 personnes en France.
Robert Aramayo, qui a partagé le quotidien de Davidson pour se préparer au rôle, souligne que le syndrome de Gilles de la Tourette est bien plus complexe que l'image simpliste qu'on en a souvent. Il met en lumière la méconnaissance persistante de ce trouble neuropsychiatrique, qui va bien au-delà des simples tics vocaux ou moteurs. L'acteur explique que sa rencontre avec Davidson lui a permis de comprendre les dimensions psychologiques et sociales de l'affection, souvent négligées dans les représentations médiatiques.
Une sensibilisation nécessaire à travers le cinéma
Le film Plus fort que moi, avec Robert Aramayo et Peter Mullan, sort en salles le 1ᵉʳ avril. Il offre une plateforme pour aborder ce sujet délicat et contribuer à une meilleure compréhension du syndrome. Aramayo espère que son interprétation pourra aider à briser les stéréotypes et à favoriser l'empathie envers les personnes atteintes. Le cinéma a le pouvoir de changer les perceptions, affirme-t-il, en rappelant l'importance de représenter fidèlement les réalités de la santé mentale.
Cette démarche s'inscrit dans un contexte plus large où la sensibilisation aux troubles neuropsychiatriques gagne en visibilité. L'incident lors des Bafta, bien que malheureux, a mis en avant les défis auxquels sont confrontés les individus touchés par le syndrome de Gilles de la Tourette. Robert Aramayo appelle à une approche plus nuancée et informée, soulignant que chaque cas est unique et mérite une attention particulière.



