Le destin d’Andie MacDowell est intimement lié à Cannes. Durant le 79e Festival de Cannes, elle a reçu le Humann Lifetime Prize durant la Semaine du cinéma positif. L’Américaine a également présenté « Melpomène », un film tourné à quelques kilomètres de là, dans l’Estérel.
Une récompense pour un parcours exceptionnel
Certaines personnes ont le chic pour faire l’unanimité. Andie MacDowell fait partie de celles-ci. Douée, élégante et dotée d’une forme de liberté dans un milieu assez cadenassé, l’Américaine a reçu le Humann Lifetime Prize, un trophée décerné par la Fondation No More Plastic pour saluer son « parcours exceptionnel et sa voix singulière qui, au fil des décennies, a profondément marqué notre perception du féminin ».
Dans la villa Times France, située un peu en retrait de l’agitation de la Croisette, Andie MacDowell a pris le temps d’échanger avec nous sur son lien spécial avec le Festival de Cannes et la manière dont elle a poursuivi sa carrière à travers les décennies. L’actrice nous a également parlé de Melpomène, un film de et avec Charlotte Dauphin tourné dans l’Estérel et plus particulièrement dans le Palais Bulles à Théoule-sur-Mer. Présenté en marge du Festival, ce long-métrage atypique, centré autour de la santé mentale, où l’on retrouve Pascal Greggory, Marisa Berenson, Finnegan Oldfield et même… l’ancien footballeur Robert Pirès, sortira autour de la rentrée prochaine.
Sexe, mensonges et vidéo : un tournant décisif
Comment avez-vous vécu la Palme d’or 1989 récoltée par « Sexe, mensonges et vidéo » de Steven Soderbergh, dans lequel vous jouiez ? Malheureusement, je n’avais pas pu être là, je venais juste d’avoir ma fille Rainey. Je crois que je ne me suis pas rendu compte tout de suite de l’importance de la Palme d’or. En quelque sorte, ça m’a gardée innocente de tout ce qui se passait. Mais ce film a changé ma vie. Mon travail est devenu beaucoup plus facile, les gens ont commencé à en avoir une autre perception. Quand je suis revenue plus tard, j’ai réalisé exactement ce qu’était Cannes, et à quel point c’était puissant.
Par la suite, on vous a souvent vue au Festival… Oui, je ne sais plus à quand remonte la première. Mais je sais que je suis venue avec Diane Keaton pour Les liens du souvenir (1995) puis avec Wim Wenders pour The End of Violence (1997). Ensuite, mon partenariat avec L’Oréal a commencé et cela représente une grande partie de ma vie ici aussi.
Embrasser le temps et la santé mentale
Charlotte Dauphin, qui vous dirige dans Melpomène, dit que vous savez comment « embrasser le temps » au lieu de le subir. Vous êtes d’accord ? Honnêtement, je crois que le monde pense trop à ce que cela signifie d’être une personne âgée. C’est juste un autre stade de la vie. Longtemps, on a dit que les actrices étaient finies à Hollywood après 40 ans. Mais c’est presque comme si on renforçait ce concept en l’abordant sans cesse. Après, il est vrai que les femmes, surtout les réalisatrices, n’ont pas toujours le soutien qu’elles méritent. Alors que leur créativité et leurs voix sont uniques.
Et vous, avez-vous déjà envisagé de réaliser un film ? Diriger, c’est un travail très difficile, ça demande tellement d’énergie… Ce que j’aime, c’est la production, le fait de trouver de bonnes idées, d’être dans le processus créatif et faire avancer les choses.
Pourquoi avoir accepté de jouer dans « Melpomène » ? On m’a appelée pour jouer un personnage nommé Lady Rain. J’ai ressenti une très profonde connexion avec le sujet, car ma mère, juste après ma naissance, a été diagnostiquée schizophrène et a été envoyée dans un hôpital psychiatrique, où on lui a fait subir des traitements avec des électrochocs. Je pense qu’il y a forcément quelque chose de cela qui vit dans mon ADN… Le fait de ne pas avoir compris ma propre mère m’a vraiment influencée, j’ai totalement compris mon personnage. Charlotte m’a donné beaucoup de liberté et a été très réceptive à la façon dont je l’ai incarné.
Dans l’industrie du cinéma, il faut lutter pour préserver sa santé mentale ? Oui, d’une certaine manière, je pense que nous nous battons tous pour préserver notre santé mentale. Pour certains, la lutte est plus rude que pour d’autres, c’est un grand défi. Cela tient aux circonstances, et aussi à la chimie dans le cerveau.
Transmettre à ses filles
Deux de vos enfants, vos filles Rainey et Margaret Qualley, font carrière au cinéma. Quels conseils importants leur avez-vous donnés ? Je leur ai juste enseigné à tous d’étudier les films et savoir distinguer ce qu’ils aimaient, et à trouver leur propre voie. Elles l’ont fait.



