Festival BD Angoulême : nouveau rebondissement, les anciens organisateurs attaquent en justice
Festival BD Angoulême : les anciens organisateurs attaquent

Un feuilleton judiciaire pour le Festival de la BD d'Angoulême

La tenue du grand rendez-vous dédié à la bande dessinée début 2027 à Angoulême reste incertaine. Trois mois après l'annulation retentissante du 53e Festival international de la BD (FIBD), remplacé par un Grand Off, la relance de la plus importante manifestation du genre en France, et peut-être en Europe, est toujours en sursis. L'affaire se dénouera devant la justice ou de façon plus discrète, entre avocats. Le feuilleton a viré au contentieux.

Le groupe Morgane choisi pour 2027-2031

Mardi 21 avril au soir, l'Association pour le développement de la BD à Angoulême (ADBDA), une entité collégiale réunissant les financeurs publics, les éditeurs et les auteurs, annonçait le lauréat de son appel à projets. Elle confiait l'organisation d'un nouvel événement au groupe Morgane, une société privée connue pour gérer les Francofolies de La Rochelle et le Printemps de Bourges, de 2027 à 2031. Le projet est porté par Marie Parisot, ancienne cadre des Éditions Dargaud, et Céline Bagot, fondatrice du Pop Women Festival à Reims.

Réactions et inquiétudes des lauréates

Mercredi, les lauréates manifestaient leur joie au micro de Télérama, déclarant qu'elles allaient remettre la création féminine, un peu écartée ces dernières années, au cœur du sujet. Elles ajoutaient que l'événement aurait toujours lieu fin janvier mais que son nom demeurait top secret. Puis, en toute fin d'interview, elles reconnaissaient avancer avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les anciens organisateurs assignent en justice

Le sort incertain de la BD à Angoulême dépend des anciens organisateurs désavoués par l'ensemble de la profession, éditeurs et auteurs. L'Association du FIBD, détentrice de la propriété intellectuelle de l'événement créé en 1974, et la société privée 9e Art+, sous contrat jusqu'en 2027, s'estiment injustement évincées. Elles se disent même spoliées. Leurs responsables ont assigné l'ADBDA devant la justice. Ils exigent 300 000 euros de dommages et intérêts. Le différend devait être examiné le 18 mars puis le 15 avril. L'audience de référé a été reportée au 20 mai.

Une nouvelle assignation contre le groupe Morgane

Mercredi, l'Association du FIBD et 9e Art+ ont annoncé être contraintes d'assigner également le lauréat désigné par l'ADBDA, le groupe Morgane, pour parasitisme et concurrence déloyale. À peine choisi, l'impétrant est attaqué. Ambiance !

Denis Bajram fustige une situation ubuesque

Cela fait réagir Denis Bajram. Figure des États généraux de la BD, cet auteur écouté et réputé, jusqu'à présent plutôt silencieux, juge la situation ubuesque. Il a publié un long texte sur Facebook, fustigeant le mépris et l'incurie des anciens organisateurs déchus, dont l'orgueil, les certitudes et l'incapacité à écouter auraient conduit au naufrage. Selon Denis Bajram, les seuls responsables de leur chute font désormais tout leur possible pour nuire à la ville comme à la BD. Excellente mise au point, a jugé l'écrivain et scénariste Benoît Peeters.

Trois autres candidats étaient en lice et n'ont pas été retenus, dont Côte Ouest, filiale événementielle du Groupe Sud Ouest, éditeur des journaux Sud Ouest et Charente libre.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale