Paco Camino, le messie des arènes de Roquefort en 1959
Paco Camino à Roquefort en 1959

Dans les archives de Sud Ouest, nous replongeons en ce dimanche 9 août 1959 à Roquefort. Ce jour-là, Paco Camino, jeune torero de Camas, affrontait Luis Alfonso Garcés et Hugo Bustamante, mais ce sont ces derniers qui furent totalement éclipsés par le génie du nouveau prodige des arènes.

Un événement majeur

La présentation en France du nouveau messie des ruedos, Paco Camino, constituait l'attrait principal de la sensationnelle novillada des fêtes de Roquefort. Les arènes affichaient une excellente entrée, témoignant de l'engouement du public. Les organisateurs, qui n'avaient pas lésiné sur le choix des toreros, avaient jeté leur dévolu sur la ganaderia de Juan Belmonte pour le bétail. Malheureusement, ce grand nom cachait une mauvaise marchandise. Comme quoi, on peut avoir été un fameux lidiador et être un ganadero de seconde catégorie. Avec sa devise, le terremoto de tant de tardes glorieuses ne fait trembler que les feuilles mortes.

Paco Camino : un torero de cœur et de maîtrise

Paco Camino, vêtu de vert et or, que l'aficion attendait avec impatience, a rempli honnêtement et loyalement son contrat dans des conditions difficiles. Sur la base de publicités pétillantes, on s'attendait à découvrir un torero de style, léger, brillant, gai, original et plein de couleur. Or, devant ses deux ennemis, le chico démontra qu'il avait du cœur, de la maîtrise et une valeur bon teint. S'il chargea très bien la suerte, dans une demi-douzaine de véroniques, muleta en main, il se rendit rapidement maître par quelques doblones méritoires de l'incertain quatrième qu'il expédia ad patres avec une grande décision.

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Un dernier combat éblouissant

Au dernier taureau, ce fut encore mieux. Le Belmonte, progressant avec des ruses de commando, avait réussi à se faire égratigner par les picadors et arriva entier au tercio final. Dur de pattes, coupant le terrain, se retournant avec la vivacité d'un chat qui va cracher sa colère, il fut entrepris par le niño, qui le doubla magistralement par le bas, le châtiant durement. Puis, mettant à profit sa domination sur le fauve, il lui servit derechazos et naturelles, splendides et risqués, entrecoupés de passes hautes de belle tenue. Le tout exécuté sans perdre la tête de son opposant, dans le minimum de terrain et paraphé d'une estocade dans le haut, suivie d'un double descabello. Quel maestro ! Oreille, promenade autour du rond unanimement ratifiée et récompensant justement le meilleur travail de la tarde.

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