Le 22 mai 1954, la place du Capitole à Toulouse a été le théâtre d'un mariage hors du commun. Berty et Roger, deux funambules de la troupe des Diables Blancs, ont échangé leurs vœux en équilibre sur un fil tendu à 13 mètres de hauteur. Accompagnés par la « Marche Nuptiale », ils ont pénétré sur la place à 10h30, sous les yeux de plusieurs milliers de personnes venues assister à cet événement unique.
Une cérémonie aérienne
La blonde Berty, vêtue d'une robe blanche et voile flottant au vent, et Roger, en habit, ont grimpé chacun sur une échelle pour rejoindre leur plate-forme. Le fil, tendu entre deux mâts enguirlandés, surplombait un espace laissé vide par la foule. Une douzaine de photographes et cinéastes, juchés sur une échelle métallique des services de la ville, ont immortalisé la scène, tandis que l'échelle des sapeurs-pompiers affleurait le fil.
L'abbé Simon, plongeur célèbre, a escaladé le fil avec souplesse, revêtu de son étole. Après avoir remercié le cardinal Salièges, le curé du Taur et le public toulousain, il a béni les accessoires de travail des deux jeunes gens. Berty et Roger, unis le matin même à l'église voisine du Taur, se sont rencontrés au milieu du fil, où ils se sont agenouillés. L'abbé Simon a dit les prières à voix basse, tandis que l'« Ave Maria » s'élevait, puis à haute voix pour appeler les faveurs célestes.
Le partage du gâteau nuptial
Après la bénédiction, Berty et Roger ont rejoint leur plate-forme à reculons, puis ont refait le périlleux trajet pour partager, assis au milieu du fil, le gâteau nuptial présenté par un garçon d'honneur. Un photographe, Yan, juché sur les épaules du père de Berty, s'est risqué sur le fil pour saisir la scène, déclarant à la descente : « Je n'ai pas eu la moindre émotion. »
La foule, enthousiasmée par ces manœuvres audacieuses, a applaudi chaleureusement. Le jeune couple a lancé à pleines mains des dragées multicolores avant de regagner le sol. À peine arrivés, la foule les a entourés, et les jeunes filles ont surtout cherché à attraper le voile de Berty, dans l'espoir de trouver un époux dans l'année.
Un exploit renouvelé
Quatre ans plus tard, en 1958, Francine Pary et Roland Schmidt renouvelleront cet exploit entre les deux tours de La Rochelle, perpétuant ainsi la tradition des mariages aériens.
Les photographies de cet article sont issues du fonds patrimonial « Sud Ouest » et sont disponibles à l'achat sur demande.



