L'École normale supérieure (ENS) de Paris est confrontée à un phénomène inédit : une augmentation spectaculaire des demandes d'aménagement pour les épreuves du concours d'entrée, notamment de la part de candidats présentant des troubles comme la dyslexie ou la dysorthographie. Ces élèves obtiennent des dérogations pour composer sur ordinateur avec un correcteur orthographique classique.
Des aménagements légitimes mais détournés
Selon Valérie Theis, directrice adjointe lettres et sciences sociales de l'ENS, "autoriser l'usage d'un correcteur orthographique classique est un aménagement fondamental puisqu'il leur permet de composer dans les meilleures conditions". Cependant, elle alerte : "le problème est que certains demandent désormais à avoir accès à des logiciels qui utilisent l'IA pour réécrire leur texte, ce qui nous oblige à redoubler de vigilance".
Un précédent inquiétant en Belgique
En Belgique, l'examen d'entrée en médecine organisé en Flandre en juillet 2025 a enregistré un taux de réussite deux fois plus élevé que celui de la session précédente. Sur les réseaux sociaux, plusieurs candidats se sont vantés d'avoir soumis des questions à l'IA sans être détectés. D'autres, repérés, ont été exclus de l'examen.
Des mesures de contrôle renforcées
L'ENS envisage désormais de renforcer ses dispositifs de contrôle pour détecter l'usage frauduleux de l'IA lors des épreuves. L'établissement réfléchit à des solutions techniques et à une adaptation du règlement pour garantir l'équité entre tous les candidats.



