Bègles : deux groupes Facebook au cœur d'une procédure d'annulation du scrutin municipal
Bègles : deux groupes Facebook visés par une annulation électorale

Bègles : une contestation électorale centrée sur l'influence des réseaux sociaux

À Bègles, l'issue serrée des élections municipales donne lieu à une procédure judiciaire inédite, mettant en lumière le rôle controversé des réseaux sociaux dans la vie politique locale. Marie-Laure Piroth, conseillère d'opposition non encartée et ancienne candidate sur la liste de l'ex-maire écologiste Clément Rossignol Puech, a officiellement déposé, vendredi 27 mars, un recours en annulation du scrutin devant le tribunal administratif de Bordeaux.

Un recours fondé sur un écart de voix très faible

L'élection municipale a été remportée par Christian Bagate, tête de liste de l'Espoir béglais, avec 51,07 % des voix, devançant son prédécesseur Clément Rossignol Puech de seulement 238 suffrages. Cet écart particulièrement restreint a ouvert la voie à une contestation légale, que Marie-Laure Piroth a saisie en s'entourant des services d'un avocat spécialisé. La conseillère d'opposition ne remet pas directement en cause la légitimité de Christian Bagate, mais elle interroge vivement l'influence exercée par certains acteurs numériques durant la période électorale.

Deux groupes Facebook pointés du doigt

Au cœur de la « protestation électorale » se trouvent deux groupes Facebook très suivis et actifs à Bègles : Béglais : agissons pour la prévention et la sécurité et Implacable Bèglais-es. Bien que non nommés explicitement dans la procédure, leur identité ne fait guère de doute au regard des descriptions précises fournies. Marie-Laure Piroth estime que leurs publications, intervenant notamment durant l'entre-deux-tours et le week-end du second tour, ont pu constituer des « manœuvres électorales » à même d'influencer le vote en faveur de Christian Bagate.

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La conseillère dénonce en particulier :

  • Une caricature d'une « violence symbolique extrême » représentant l'ancien maire Clément Rossignol Puech pendu, publiée sur le groupe Implacable Bèglais-es.
  • Des publications sur le groupe Agissons pour la prévention et la sécurité, dont l'une critiquait le relais d'associations pro-vélo dans la liste écologiste, et l'autre reprenait, le jour même du vote, un message élogieux d'un fils de Christian Bagate.

« Ces actions créent de la suspicion et c'est extrêmement partisan », affirme Marie-Laure Piroth. Elle souligne que, la campagne officielle étant close, ces publications très suivies n'ont pu recevoir de réponse contradictoire, biaisant ainsi, selon elle, le débat démocratique en toute fin de scrutin.

Une procédure qui inclut aussi la communication municipale

Le dossier déposé au tribunal administratif ne se limite pas aux seuls réseaux sociaux. Marie-Laure Piroth y intègre également les tribunes de l'Espoir béglais publiées dans les derniers bulletins municipaux officiels avant le vote. La conseillère y voit un « objectif de propagande électorale » déguisé, utilisant les supports de communication de la mairie à des fins partisanes en période électorale sensible.

Le tribunal administratif de Bordeaux dispose désormais d'un délai de trois mois pour examiner l'ensemble de ces éléments et rendre sa décision. Cette affaire illustre de manière criante les nouveaux défis que posent les réseaux sociaux et la communication numérique à l'intégrité des processus électoraux locaux, une problématique qui dépasse largement le seul cadre de la ville de Bègles.

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